Loi immigration: Bertrand pointe "une forme de cohabitation" et charge la responsabilité de Macron

"Le sujet, ce n'est pas le ministre de l’Intérieur. La vraie question, c’est le choix du président de la République et la situation politique dans laquelle on est." Deux jours après l'adoption d'une motion de rejet sur le projet de loi immigration, Xavier Bertrand renvoie sur BFMTV-RMC la responsabilité de la "crise politique" à Emmanuel Macron et refuse d'entrer dans "une chasse à l'homme" envers Gérald Darmanin, dont il est proche.
"Dans la Ve République, le patron, c'est le président de la République", martèle le président Les Républicains des Hauts-de-France.
Pour lui, Emmanuel Macron "n'a pas les moyens de ses décisions", depuis que les dernières élections législatives, en juin 2022, lui ont conféré une majorité seulement relative à l'Assemblée nationale. Pour autant, le chef de l'État "a refusé de tenir compte de cette situation politique", estime l'élu de droite. "On est dans une forme de cohabitation", dit Xavier Bertrand, renouvelant là une analyse qu'il formulait déjà en avril dans Le Monde.
L'ex-candidat à la présidentielle appelait alors à ce qu'Emmanuel Macron choisisse un Premier ministre qui ne soit pas issu des rangs de la majorité. Sur BFMTV-RMC, met en exergue trois autres options en plus de celle-ci. Celle de ne rien faire serait une "folie" à ses yeux. Reste donc deux autres possibilités: dissoudre l'Assemblée nationale ou organiser un référendum.
"Quatre solutions" pour Macron
Dans tous les cas, Emmanuel Macron "doit venir dire aux Français quel choix il fait entre ces quatre solutions", plaide Xavier Bertrand. Et de botter en touche, lorsqu'on lui demande laquelle a sa préférence:
"Moi, je ne suis pas président de la République, posez lui la question."
L'intéressé a exclu mardi soir une dissolution de la chambre basse, arguant devant les poids lourds de son camp "qu'il n'y a même pas lieu de tirer de conclusion générale de cette séquence", d'après les propos rapportés par l'un des convives à l'AFP. Ces choix, le président "devrait les dire" "devant les Français", plutôt que lors d'un "repas avec les fruits de mer", réunissant ses "chapeaux à plumes", tance Xavier Bertrand.
Dans l'immédiat, l'ex-ministre du Travail appelle à ce que le projet de loi immigration reprenne la version dure du Sénat, qu'il aurait "voté des deux mains" s'il siégeait au Palais du Luxembourg. Celle-ci avait été modifiée en commission des lois, à l'Assemblée, par la majorité et la gauche, avant que la droite ne partage son mécontentement face à une copie "détricotée".
Mais, après l'adoption de la motion de rejet à l'Assemblée, c'est bien la mouture des sénateurs qui va arriver dans la commission mixte paritaire convoquée par le gouvernement. Sept députés et sept sénateurs devront ensuite se mettre d'accord sur un texte commun. Renaissance et LR ainsi que leurs alliés respectifs sont représentés à part égal. En attendant que les débats commencent, "probablement lundi ou mardi", selon la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet, chacun pousse ses pions. Les uns appellent au compromis, les autres à conserver le texte adopté par le Sénat.











