Agression d'un praticien de SOS Médecins: deux suspects se sont rendus à la police

(photo d'illustration) - Philippe Huguen - AFP
Deux personnes se sont rendues ce dimanche 6 juillet au commissariat central de Lille. Elles sont soupçonnées d'être les deux agresseurs du médecin de SOS Médecins frappé la semaine dernière. Ils ont tous deux été placés en garde à vue.
Mercredi, un médecin avait été agressé et menacé de mort à Lille alors qu'il se trouvait en consultation dans l'antenne de SOS Médecins.
Une enquête avait été ouverte pour violences sur un professionnel de santé et menaces de mort. L'antenne lilloise avait ensuite décidé de se mettre en grève à la suite de cette agression.
Deux pistes principales évoquées
Selon les témoignages de collègues de travail récoltés par La Voix du Nord, les deux hommes sont entrés sur le site et ont exigé de la famille qui bénéficiait de la consultation de quitter les lieux.
D'après cette source, les agresseurs s'en sont pris au médecin car il avait réduit la durée d'un arrêt-maladie accordé à une patiente plus tôt dans la journée. "Elle avait demandé un arrêt de travail de trois jours, le médecin n'était pas d'accord sur la durée et a réduit cet arrêt à un jour. Elle est partie sans faire d'histoires, mais ensuite, ils sont venus en commando, de manière préméditée", relate un confrère au quotidien nordiste.
Selon une source proche du dossier, une autre piste est désormais émise: le médecin aurait placé sa main sur le ventre de la patiente proche des deux agresseurs et ils seraient venus ensuite pour se venger.
Grève de 48 heures
En solidarité avec le médecin agressé, les 24 collègues de travail ont fait grève et ont suspendu leurs activités pendant 48 heures. Ils ont repris une activité normale ce samedi à 8 heures.
SOS-Médecins est une association de médecins libéraux assurant la prise en charge des urgences non-vitales et de soins. Selon l'ordre des médecins, le département du Nord sera le plus touché par les agressions violentes de médecins. "C'est presque 400 agressions l'année dernière et cette année on a déjà dépassé le chiffre de la moitié, ça va encore augmenter", a déploré Jean-Philippe Platel, président de l'ordre des médecins du Nord.
Dans un message sur X, le ministre de la Santé Yannick Neuder, a déploré "ce drame, d'une rare violence". Il a martelé sa "détermination pour agir contre ces violences inacceptables et les punir avec la plus grande fermeté."
Le ministre rappelle que la loi Pradal, adoptée le 25 juin 2025 prévoit des peines renforcées (jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende) en cas de violences contre le personnel de nombreux établissements de santé.












