BFM Business

"Ce n'est pas du flan !": Clément Beaune défend sa mesure d'interdire les "petites lignes" aériennes

BFM Business Frédéric Bianchi , Journaliste BFM Éco
Le ministre français des Transports Clément Beaune  au Palais de l'Elysée à Paris le 15 mars 2023

Le ministre français des Transports Clément Beaune au Palais de l'Elysée à Paris le 15 mars 2023 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le ministre des Transports a tenu à défendre sur Twitter sa mesure officiellement entrée en vigueur la semaine dernière de supprimer les liaisons aériennes intérieur en cas d'alternative par TGV de moins de 2 heures 30.

Du "green washing" sans effet pour les uns. Une écologie punitive pour les autres. Clément Beaune a tenu à répondre aux uns et aux autres concernant la mesure de suppression de lignes aériennes intérieures si une alternative de liaison ferroviaire directe de moins de 2 heures 30 est possible. Promesse du chef de l'Etat après la Convention citoyenne pour le climat, cette mesure a été publiée au Journal officiel ce 23 mai.

Mais les liaisons aériennes ont-elles toutes été supprimées? Ce n'est pas le cas dans les faits. Seules trois lignes aériennes l'ont été : Paris-Orly - Lyon, Paris-Orly - Nantes et Paris-Orly Bordeaux. Des lignes qui par ailleurs n'ont pas attendu la publication du décret puisque leur disparition remonte à 2021.

Critiquée, la mesure a été défendue par le ministre des Transports dans une longue série de messages sur Twitter.

"Non, ce n’est pas du flan ! Oui, c’est une première !", a écrit ce lundi Clément Beaune.

Concernant le fait que les lignes n'existent plus depuis 2021, le ministre rappelle que c'est en prévision que les liaisons ont été fermées.

"Anticipant l’interdiction, les lignes visées ont déjà fermées, explique-t-il. Mais elles n’ont pas fermé par l’opération du Saint-Esprit… elles ont fermé car cette interdiction formelle arrivait. Cela montre que cette règle est efficace, pas l’inverse !"

Les critiques portent aussi sur le faible nombre de lignes fermées et soulignent que les mêmes liaisons avec l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle restent elles effectives.

Ce que reconnaît le ministre mais il y a deux explications à ça. D'abord parce que le trajet en TGV entre l'aéroport du nord de Paris et les trois villes dépasse les 2 heures 30 prévues par le décret. Roissy dispose en effet de sa propre gare TGV à la différence d'Orly. Or le calcul du temps de trajet est fait depuis cette gare et non de celles du centre de Paris comme c'est le cas pour justifier la fermeture des lignes depuis Orly.

"D'autres lignes fermeront"

Ensuite, le ministre prévient des risques qui pèseraient sur les régions à fermer brutalement toutes les liaisons aériennes.

"Fallait-il les fermer maintenant ?, s'interroge-t-il. Cela aurait été difficile juridiquement, mais surtout cela reviendrait à priver ces métropoles, par rapport à Paris, de connexions internationales essentielles à leur vie économique, à l’emploi local. On ne fait pas une politique de transports de / pour Paris seulement. "

Clément Beaune promet toutefois que d'autres lignes seront amenées à fermer à l'avenir.

"La liste des alternatives ferroviaires en 2h30 sera revue tous les 6 mois, assure-t-il. Ensuite, le décret vaut pour 3 ans : on pourra être plus exigeant au fur et à mesure, en augmentant la durée prise en compte (au moins 3h par exemple) ou en restreignant les critères actuels."

Concernant les critiques qui pointent une "écologie punitive" de façade, le ministre là encore défend son action au sein du gouvernement:

"Les mêmes critiques ou leurs opposants (dénonçant une "écologie punitive") disent que l’essentiel n’est pas dans cette mesure-là. Bien sûr ! C’est pour cela qu’une politique écologique des transports doit être beaucoup plus large, complète et cohérente."

Clément Beaune énumère ainsi les investissements dans le ferroviaire (100 milliards d'euros d'ici 2040), les RER métropolitains ou encore les soutiens publics à l'innovation concernant l'avion du futur sans émission.