Mort de Brigitte Bardot: tournage, maison, mari... Toute une vie liée à Saint-Tropez

Brigitte Bardot et ses chiens au volant de la Moke. - AGENCE DELTA
Entre BB et Saint-Trop', l'amour a toujours été au rendez-vous. Brigitte Bardot, vient de s’éteindre à 91 ans, a annoncé sa fondation dans un communiqué transmis ce dimanche 28 décembre. Si Saint-Tropez est aujourd'hui un symbole de la France auprès des touristes, la ville varoise le sait: elle le doit en très grande partie à l'icône du cinéma français. Dans sa vie privée ou à l'écran, elle ne cesse de revenir dans ce village varois.
Actrice, chanteuse ou militante: l'actrice n'a jamais quitté Saint-Tropez. Un lieu qui a indéniablement eu une place particulière dans son cœur et dans son histoire. Retour sur l'histoire d'amour entre Brigitte Bardot et le bourg varois en cinq dates.
• En 1956, Saint-Tropez sur grand écran dans "Et Dieu... créa la femme"
Quand Dieu créa la femme, Saint-Tropez créa BB. Ou peut-être que c'est Brigitte Bardot qui a créé Saint-Trop'. En 1956, l'actrice arrive au festival de Cannes, après quelques premiers pas au cinéma, à l'affiche du film de Roger Vadim Et Dieu... créa la femme.
Elle y interprète Juliette, une jeune femme belle et sensuelle à la sexualité libérée, pour qui tout Saint-Tropez se mettrait à genoux. Le film dévoile notamment les premiers nus de Bardot à l'écran, et propulsera la jeune femme au rang de star internationale. La plus Tropézienne des Parisiennes devient alors un vrai sex-symbol, allégorie de la femme libérée et impudique des années 1960. Beaucoup, de la France aux États-Unis, adoptent alors le style "Bardot", de la petite robe en Vichy à la couleur blonde.
Le film met également en avant le quartier de La Ponche ou encore la plage de Pampelonne. La cabane aménagée en cantine pour l'équipe de tournage deviendra même le célèbre Club 55. "Ça a été un tournant dans l'histoire du cinéma", avoua plus tard Brigitte Bardot sur un plateau de télévision face à Lucien Bodard, remerciant Roger Vadim de l'avoir laissé "libre" et "naturelle" à l'écran. Le mythe Bardot est ainsi né.
• L'achat de La Madrague, la maison indissociable de Bardot en 1958
C'est une petite maison de pêcheur qui signera la relation entre Saint-Tropez et l'actrice. Brigitte Bardot acquiert La Madrague, située sur la route des Canebiers en 1958. Deux ans après la première sortie de Et Dieu...créa la femme, la mystification de la Française n'a pas faibli. Dès lors, ce petit village varois va devenir une légende française.
Ce sont les parents de BB, qui possédaient déjà "La Saravia", une bâtisse dans la commune, qui l'ont incitée à venir visiter cette maison "les pieds dans l'eau". Un vrai coup de cœur qu'elle achète 24 millions d'anciens francs.
La maison devient un élément indissociable de Brigitte Bardot. Tous les acteurs français amis de la jeune femme y passent. Gunter Sachs, son mari de 1966 à 1969, déversera une pluie de pétales de rose sur la maison pour déclarer son amour à l'actrice.
Pour rendre hommage à La Madrague, Brigitte Bardot chantera même une chanson éponyme en 1963. La célèbre maison qui devait symboliser la liberté pour Bardot, devient néanmoins presque une prison, avec la présence permanente de paparazzis pendant des années.
"Ma vie ressemble à une grande prison", avait-elle confié après la naissance de son unique fils Nicolas-Jacques Charrier en 1960. "J'appartiens à tout le monde. (...) On a l'impression de ne plus être libre."
Encore aujourd'hui, les vagues de touristes ne manquent pas de venir voir à quoi ressemble cette maison. C'est aussi à Saint-Tropez, à La Madrague, que Brigitte Bardot a été prise en charge le 19 juillet 2023 après avoir été victime d'un malaise à 88 ans ou qu'elle a effectué sa convalescence en 1960 après sa tentative de suicide.
• La création de la Fondation Brigitte Bardot en 1986 à Saint-Tropez
C'est au milieu des années 1980 que Brigitte Bardot crée sa fondation éponyme au cœur du Var. Un tournant dans la vie de la star internationale, qui rejette sa vie d'actrice et se consacre à plein temps à la cause animale.
Le déclic, elle l'a eu lors du tournage de son dernier film L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise dans les années 1970. "À 38 ans, j’ai tout quitté pour les animaux", racontait-elle en 2018 dans les colonnes du Monde. "C’est la plus belle décision de ma vie."
Brigitte Bardot finance d'abord sa fondation grâce à une vente aux enchères d'objets, de bijoux et d'effets personnels qui lui rapportent les trois millions de francs nécessaires à la FBB. Si le siège de la fondation est transféré à Paris en 1988, BB assurera sa pérennité en lui faisant don de La Madrague en 1991.
C'est ainsi grâce à la célèbre maison de pêcheur que la Fondation Brigitte Bardot obtient la reconnaissance d'utilité publique un an plus tard et peut continuer toutes ses actions symboliques. Toujours à Saint-Tropez, BB organise par ailleurs une manifestation sur la place des Lices en 1994 avec la présence de 300 personnes lors d'un comité entre les chasseurs du Var et la municipalité.
La militante a également déjà menacé de quitter La Madrague pour s'installer à Paris, preuve de l'ancrage culturel et symbolique fort que possède Brigitte Bardot sur Saint-Tropez.
• Sa rencontre avec son mari Bernard d'Ormale en 1992
Si le grand amour de l'ex-baby doll est bel et bien la cause animale, Brigitte Bardot a eu quatre époux dans sa vie. Le dernier, Bernard d'Ormale, sera celui qui a le plus longtemps partagé sa vie. C'est également celui qu'elle rencontrera à Saint-Tropez.
Ce n'est pas la première fois que BB vit une idylle dans la commune varoise. Avec son premier époux, Roger Vadim, ils aimaient flâner dans les rues de la petite ville. Mais ce n'est que des années après, et deux mariages plus tard, que BB se retrouvera face à Bernard d'Ormale à Saint-Tropez. En juin 1992, les deux passionnés d'animaux se rencontrent à un dîner chez une amie, Jany Le Pen, épouse de Jean-Marie Le Pen. Bernard d'Ormale est à l'époque conseiller de l'homme politique.
Dans ses mémoires publiés en 1996, Brigitte Bardot évoque "un coup de foudre mutuel", un homme qui l'a conquise en un baiser. Ils se marieront quelques semaines plus tard, mais bien loin de Saint-Tropez: le couple se dira "oui" en Norvège.
Cette ultime union s'est déroulée la plupart du temps loin des caméras. Les époux ont vécu ensemble pendant des années, entourés de leurs animaux à La Madrague, à Saint-Tropez. Bernard d'Ormale représentera néanmoins souvent Bardot, notamment lors d'hommages qui lui seront rendus dans le Var.
• BB immortalisée grâce à sa statue tropézienne en 2017
La ville de Saint-Tropez n'a cessé de mettre en avant son égérie intemporelle. Huit ans après la création de sa fondation, Brigitte Bardot a montré sa légitimité dans la lutte pour la protection animale. Elle reçoit alors en 1995 la grande médaille de la ville de Saint-Tropez.
Régulièrement, des expositions retracent la vie de l'ex baby-doll dans la ville varoise et continue à attirer touristes et fans de Brigitte Bardot. Mais son ancrage à la ville a été officialisé en 2017. Le jeudi 28 septembre, date de son anniversaire, une statue a été inaugurée sur la place Blanqui, en face du musée de la gendarmerie et du cinéma. Le mythe BB est éternel.
"De toutes les célébrités qui ont laissé une empreinte récente dans notre ville, (...) Brigitte Bardot est sans conteste la personnalité tropézienne qui aura le plus marqué nos contemporains au point que Saint-Tropez et BB se confondent en termes d’image et de la notoriété", avait lancé le maire de l'époque Jean-Pierre Tuvéri dans son discours d'inauguration.
Inspirée d'un dessin de l'artiste italien Milo Manara, la statue de bronze mesure 2,5 mètres et pèse 700 kilos. Si son mari Bernard d'Ormale était présent lors de la révélation de la statue au grand public, Brigitte Bardot n'était pas là.

À l'été 2021, la statue a eu droit à une rénovation et a été recouverte de feuilles d'or, afin de faire briller "celle que Dieu créa".
Certains s'interrogent déjà alors sur l'après-Bardot. La Madrague pourrait notamment devenir un musée à la mort de l'artiste. En 2018, Brigitte Bardot avait affirmé dans Le Monde vouloir être enterrée dans son jardin et garder La Madrague dans son jus pour en faire un musée à 2 ou 3 euros l'entrée pour sa fondation.
"Je préfère reposer là plutôt que dans le cimetière de Saint-Tropez, où une foule de connards risquerait d’abîmer la tombe de mes parents et de mes grands-parents. Je veux qu’on leur foute la paix!", expliquait-elle au journal, fidèle à elle-même et à Saint-Tropez.













