Faux bons plans, vraies arnaques: cinq astuces pour repérer et éviter les pièges tendus par certains influenceurs à l'approche des achats de Noël?

"Il n'y a pas un cadeau de Noël qui pourrait me faire plus plaisir que ça", lance une créatrice de contenu, dans une vidéo sur Tiktok. L'influenceuse tient dans ses mains une boîte de fleurs à construire, qui ressemble à s'y méprendre aux fameux bouquets Lego, très populaires sur l'application de vidéos courtes.
"J'ai payé les quatre pour rien du tout. Je suis comme une petite enfant. Si ça vous intéresse, il y a un lien en description", poursuit la vidéaste. Ces vidéos promotionnelles sont de plus en plus nombreuses à l'approche des fêtes de fin d'année.
Si les collaborations commerciales sont déjà nombreuses sur les plateformes, depuis quelques semaines, Tiktok, Instagram ou encore Facebook sont submergés de publicités. C'est simple. Sur Tiktok, une vidéo sur trois est un placement de produit. Certains créateurs sont honnêtes, et mettent en avant des produits de qualité. D'autres, moins scrupuleux, font la promotion de contrefaçons, d'imitations ou encore de produits douteux, voire dangereux.
Pour preuve, en 2024, la DGCCRF a contrôlé près de 260 influenceurs. L'autorité de contrôle a constaté des "anomalies" chez la moitié d’entre eux. Des manquements qui ont abouti à 40 avertissements, 65 injonctions et 8 condamnations pénales. A titre d'exemple, l'influenceur de téléréalité Julien Tanti a été sanctionné en mars dernier pour ses publicités pour le trading pour "pratiques commerciales trompeuses".
Sur les réseaux, ces arnaques sont nombreuses, surtout en période de fêtes. C'est particulièrement le cas sur Tiktok Shop, la marketplace de l'application de vidéos courtes. On peut par exemple y retrouver des vidéos d'influenceurs faisant la promotion de sacs de luxe à 10 euros ou des fausses montres pour 20 euros.
Mais il existe quelques bons conseils pour les repérer et éviter de tomber dans le panneau.
Eviter certains produits
Mieux vaut éviter d'acheter certaines catégories de produits sur les réseaux sociaux. C'est particulièrement le cas pour les produits d'hygiène, les compléments alimentaires ou encore les compléments alimentaires ou les prétendus remèdes minceurs. Ces articles risquent d'être au mieux inutiles, au pire dangereux pour la santé.
De la même manière, les produits financiers, notamment ce qui concerne la cryptomonnaie ou le trading, sont souvents mis en avant par des influenceurs peu recommandables et finissent par se révéler être des arnaques. L'influenceur Marc Blata, connu pour ses méthodes controversées de copy-trading depuis Dubaï, fait par exemple l'objet de plaintes pour abus de confiance et escroquerie.
Le cas du dropshipping
La plus classique des pratiques douteuses promues par les influenceurs est celle du "dropshipping", une activité qui consiste à vendre sur internet sans avoir de stock.
Si la pratique n’est pas en soi illégale, elle donne lieu à de fréquentes dérives, la qualité des produits étant souvent bien loin de celle vantée par l’influenceur qui en fait la promotion – lui-même étant parfois trompé sur le produit en question par son fournisseur. Les produits sont souvent vendus beaucoup plus chers que le prix affiché sur les sites de commerce en ligne dont ils sont issus, comme Temu ou Aliexpress. Dans certains cas, les articles ne sont même pas livrés.
Pour éviter de se faire avoir, un conseil: faire une recherche d'image inversée. Il suffit de faire une capture d'écran de l'annonce et de déposer la photo dans Google. Le moteur de recherche affichera alors toutes les autres images similaires disponibles, et donc, les potentielles annonces disponibles sur des sites chinois.
S'assurer de la fiabilité du vendeur
Un tour sur la boutique du vendeur permet d'être certain de ce que l'on achète. Le site doit par exemple faire apparaître les mentions légales et les conditions générales de vente (CGV). Les sites de dropshipping utilisent à outrance les promotions très alléchantes, comme un article à -95% pour une durée "limitée". Autre indice, si les noms de domaine ne terminent pas par ".fr" ou ".com", méfiez-vous.
Il existe des sites pour vérifier l'authenticité d'un site de vente en ligne. C'est le cas de Scamdoc ou de FranceVerif, qui donnent accès à plusieurs informations, comme la date de création du nom de domaine, le nom du propriétaire et des avis d'utilisateurs.
Regarder les commentaires
Enfin, les témoignages d'anciens clients permettent de se rendre compte de la qualité du produit ou du service.
Attention cependant aux faux avis, parfois déposés par des entreprises malhonnêtes pour améliorer leur réputation en ligne. Si les avis sont mal rédigés, trop courts comme "service nul" ou "mauvais vendeur", mais aussi publiés dans un court laps de temps par des auteurs anonymes: la prudence est de rigueur. La date de création du profil est également un indice à avoir en tête.
Mentions obligatoires et certificat
Depuis 2021, l'ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité), l’organisme de régulation professionnelle de la publicité en France, a lancé un certificat de l'influenceur "responsable", une sorte de formation des influenceurs aux règles du milieu. Un gage de sérieux qui peut aiguiller les utilisateurs avant de succomber à la tentation d'achat après avoir vu une collaboration commerciale.
Un an plus tard, l'ARPP a également mis en place, en collaboration avec l’AMF, le gendarme des marchés financiers, une option "publicité financière" à son certificat de l’influence responsable lancé en 2021. Il encadre les placements de produits et services financiers.
Si le certificat est facultatif, certaines mentions sont obligatoires. Les influenceurs sont tenus de mentionner de manière explicite les placements de produits ou les collaborations, sans quoi ils s'exposent à une peine de deux ans de prison et de 300.000 euros d'amende. Il faut donc repérer les fameuses mentions "publicité", "partenariat rémunéré" ou "collaboration commerciale".
