Pour lutter contre les "deep fakes", Matthew McConaughey a fait de sa voix et de son apparence des marques déposées

Une stratégie originale à l'heure où de nombreuses célébrités voient leur image et leur voix reproduite par l'intelligence artificielle sans leur consentement. Pour lutter contre ces "deepfakes", Matthew McConaughey, notamment connu pour Interstellar, a décidé de déposer sa propre marque.
Au cours des derniers mois, l'Office américain des brevets et des marques (USPTO) a approuvé huit des demandes de l'acteur le montrant sourire, parler ou tout simplement regarder quelque chose, révèle le Wall Street Journal. Les marques déposées incluent entre autres un extrait de sept secondes dans lequel il est assis devant un sapin de Noël et un enregistrement audio où il prononce la célèbre réplique "Alright, alright, alright" du film Dazed and Confused.
"Trouver une solution"
Avec ces marques déposées, Matthew McConaughey veut empêcher les applications d'IA et leurs utilisateurs de reproduire son image et d'imiter sa voix sans son autorisation. "Mon équipe et moi-même tenons à ce que toute utilisation de ma voix ou de mon image soit soumise à mon autorisation et à ma signature", a affirmé l'acteur.
À noter qu'il n'est pas complètement opposé à cette pratique, le plus important pour lui étant le consentement. En novembre dernier, il a en effet signé un accord avec ElevenLabs, start-up spécialisée dans les voix générées par IA, afin de créer une version audio de sa newsletter Lyrics of Livin en espagnol.
"Dans un monde où tout le monde se démène pour trouver une solution au problème de l'utilisation abusive de l'IA, nous disposons désormais d'un outil permettant d'arrêter les contrevenants ou de les traduire devant les tribunaux fédéraux", s'est réjoui Jonathan Pollack, un des avocats de Matthew McConaughey.
"Je ne sais pas ce que dira un tribunal au final. Mais nous devons au moins tenter le coup", a nuancé Kevin Yorn, un autre des avocats de l'acteur, qui représente aussi d'autres célébrités dont Scarlett Johannsson, qui a déjà été victime de deepfakes. Un accusé pourrait en effet contester l'une des revendications de marque de la star d'Interstellar, ce qui rendrait l'issue incertaine.
Une solution provisoire
Si à ce jour, ils n'ont pas connaissance d'une manipulation de l'image de Matthew McConaughey, ils espèrent que les marques déposées pourront être largement utilisées pour lutter contre ces reproductions non autorisées. Mais pas à long terme, car l'acteur et ses avocats souhaitent qu'une loi fédérale soit adoptée et appliquée afin qu'une telle solution ne soit plus nécessaire.
Un projet de loi a d'ailleurs été déposé au Congrès en 2024 pour interdire la création de répliques de personnes par IA sans leur consentement. Soutenu par les syndicats et sociétés d'Hollywood, il attend encore d'être soumis au vote de la Chambre des représentants et du Sénat.