Perplexity AI veut jouer la carte de la transparence et de la confiance

Perplexity AI n’est pas un outil d’intelligence artificielle comme les autres. Lancée il y a un peu plus de deux ans et demi par Arvind Srinivas, ancien d’OpenAI et Google, et ses acolytes, Perplexity veut repenser la façon dont nous utilisons l’IA pour nous tenir informés.
Pour son cofondateur, Perplexity AI est avant tout une plateforme qui se distingue des autres IA génératives comme ChatGPT ou Gemini en mettant l’accent sur la recherche et l’exactitude. Un produit de recherche et pour chercher, se poser des questions et rebondir vers un autre sujet pour enrichir sa quête d’exactitude. "Vous allez vous poser des questions et relier à l’exactitude afin de savoir d’où l’IA tire son information. On veut que vous puissiez vérifier ce qu’elle dit et rester en contrôle de la vérité", explique Arvind Srinivas à Tech&Co.
Lire dans l’esprit de l’IA
Deux valeurs sont indissociables et indispensables à ses yeux: la confiance et la transparence. "Nous devons savoir d’où vient l’information fournie par l’IA, comment elle arrive à ces conclusions", clame-t-il. Tout le processus de raisonnement de l’IA au terme de la recherche est affiché pour que l’utilisateur comprenne.
"Il obtient non seulement la source d’où l’IA tire ses infos, mais il peut également comprendre comment elle en est arrivée à cette réponse, par où son raisonnement est passé ou son processus de pensée", précise Srinivas. Un peu comme lire dans l’esprit d’une IA.

C’est la différence entre une IA de recherche et une IA générative. Et pour lui, tout repose aussi sur la confiance. Cette confiance en la fiabilité des réponses de l’IA, la sécurité de leurs données et la protection globale. Perplexity va chercher pour vous, aller même au-delà de votre requête initiale pour l'ouvrir et la compléter. Il est indispensable de savoir comment elle y parvient et vers quoi elle vous emmène.
"Tout cela tient de la confiance. Vous ne vous sentez en sécurité avec quelqu’un que si vous avez confiance en lui", analyse le chercheur en IA. "Ça s’applique à tout. Les gens ont confiance en Apple et c’est pour ça qu’ils pensent que l’iPhone est le téléphone le plus sûr."
Et pour devenir le Apple de l’IA, il juge qu’il ne faut pas croire en un seul modèle. C’est pour cela qu’il a voulu faire de Perplexity AI "un modèle agnostique". "Nous offrons aux utilisateurs du choix et c’est pour cela que nous faisons appel à tous les grands modèles de langage", ajoute le patron de la société qui a aussi ajouté le nouvel épouvantail de l’IA, Deepseek à ses IA proposées. Car la base de fonctionnement de Perplexity AI est assez complexe.
À la différence d’Anthropic, OpenAI ou Mistral, l’entreprise n’a pas créé son IA générative, mais une IA d'analyse en quelque sorte. Avec notamment sa nouvelle fonction Deep Research, elle s’appuie sur celle des autres et profite ainsi de leurs avancées, une façon de rester alors rapide dans sa recherche et abordable (il existe un usage gratuit et un modèle payant avec des fonctions avancées).
Tous présents, même Deepseek
L’utilisateur fait ainsi appel au modèle d’IA qui correspond à ses besoins (GPT-4, Claude 3, Gemini, Deepseek, Llama 3…) et Perplexity lui offre un outil toujours optimisé, basé sur l’analyse des requêtes en information et l’analyse de documents en complément. Pour Perplexity, être agnostique lui permet de se focaliser sur ses usages, les meilleurs possibles pour ses utilisateurs, sans être asservi ni avoir d’intérêt particulier vis-à-vis d’un des acteurs en particulier.
Une version pour smartphone Android a ainsi vu le jour à laquelle on va poser des questions à voix haute, comme à un assistant personnel. L’app peut aussi identifier des objets dans une image pour compléter une demande. Vous pourrez alors savoir quoi cuisiner avec les éléments restants dans votre frigo, selon votre régime alimentaire ou vos envies.
"L’objectif ultime est de démocratiser l’accès à la connaissance et de le rendre accessible à tout le monde", clame Srinivas pour justifier de l’existence de Perplexity sur la scène IA mondiale. Sa mission est même de faire de son produit une référence pour les utilisateurs "confus face aux multiples IA et savoir laquelle essayer sans risque".

Perplexity noue d'ailleurs en ce sens de multiples partenariats avec le mouvement éducatif, propose des orientations d'usage plus spécialisées selon ses fonctions disponibles pour rendre la recherche plus précise (finances, tech, recherches, hobbies, créativité...). Car la clé est simple pour lui: donner le choix de toutes les tester est une solution pour savoir quelle IA correspond et pourquoi elle est fiable dans sa quête d’information.
Laisser l'IA faire pour gagner en temps de créativité
Car Aravind Srinivas sait que l’IA va aller plus loin dans un avenir plus proche, la fameuse IA générale qui doit commencer par elle-même et complexifier ses actions. Pour lui, l’IA se définit d’ailleurs comme "une technologie capable de synthétiser l’intelligence humaine" pour la rendre "plus utile et productive". De multiples tâches manuelles peuvent ainsi être automatisées afin de "laisser du temps aux individus pour être plus créatifs dans leur travail quotidien".
Être un moteur de recherche, un assistant et un agent IA: Perplexity a de grandes ambitions dans les prochaines années, voire les prochains mois, vu la vitesse à laquelle l’IA progresse. Srinivas se dit même prêt à réfléchir à un modèle économique pour rémunérer les contenus qui sont utilisés par son IA et mis en avant, mieux valoriser les chercheurs cités (avec un traqueur de citations par exemple), histoire d'être transparent aussi sur "la pêche aux infos" que font les IA sur internet et qui peuvent priver certains sites de trafic.
La transparence suffira-t-elle pour devenir incontournable ? C’est en tout cas un argument qui fait mouche auprès des utilisateurs. Si l’IA impressionne toujours autant par ses prouesses, elle soulève aussi beaucoup d’interrogations. Perplexity espère en être une réponse de choix.