Désigné à tort comme voleur par la reconnaissance faciale, un Américain reçoit 300.000 dollars

En 2020, Robert Williams, un homme noir habitant à Détroit, dans le Michigan, a été arrêté devant sa femme et ses deux filles. Accusé à tort de vol à l’étalage par la reconnaissance faciale, il va recevoir des dommages et intérêts à hauteur de 300.000 dollars.
C’est l’une des conditions de l’accord conclu dans le cadre du procès intenté au nom de Robert Williams. Celui-ci a été annoncé vendredi 28 juin par l’association American Civil Liberties Union (ACLU) et la Civil Rights Litigation Initiative de la faculté de droit de l’université du Michigan.
"Williams a été arrêté à tort à son domicile (...) Son cas est l’un des trois cas connus d’arrestation injustifiée où la police de Détroit s’est appuyée sur la technologie de reconnaissance faciale. Les trois personnes arrêtées étaient toutes de race noire", a déclaré la Civil Rights Litigation Initiative dans un communiqué.
Eviter les arrestations injustifiées
La reconnaissance faciale est en effet connue pour avoir du mal à identifier les personnes de couleur et les femmes. Fin 2022, un Afro-Américain a par exemple passé une semaine en prison après avoir été accusé à tort de vol dans un État où il n’avait jamais mis les pieds par cette technologie.
"Le plus effrayant, c’est que ce qui m’est arrivé aurait pu arriver à n’importe qui", a déploré Robert Williams, indiquant que cette arrestation a "complètement bouleversé ma vie".
Outre l’indemnisation de la victime, l’accord inclut des changements concernant la manière dont la police de Détroit utilise la reconnaissance faciale pour éviter ces arrestations à tort. Elle ne pourra notamment plus arrêter une personne en se basant uniquement sur cette technologie.
"Nous espérons que ce règlement novateur permettra non seulement d’éviter de nouvelles arrestations injustifiées de Noirs à Détroit, mais aussi qu’il servira de modèle aux autres services de police qui insistent pour utiliser la technologie de reconnaissance faciale", a déclaré Michael Steinberg, qui a représenté Robert Williams avec des étudiants de l’université de Michigan.