"Une opération inédite": au cours d’un exercice d’assaut aéroporté, l’armée japonaise a déployé des chiens robots pour la première fois
Capture d’écran d’un entraînement militaire aéroporté de janvier, diffusé au Japon - Capture d'écran d'entraînement diffusées au Japon
"C’est une première". Lors de manœuvres menées en janvier 2026, les Forces d’autodéfense terrestres japonaises (GSDF) ont intégré pour la première fois des drones quadrupèdes robotisés à leur exercice annuel d’assaut aéroporté de la 1re brigade aéroportée. Autrement dit, une sorte de "chien" robotique à usage militaire.
Cet entraînement, diffusé au Japon, marquait une étape inédite, avec l’utilisation de véhicules terrestres sans pilote pour soutenir les opérations de débarquement lors de l’exercice du Nouvel An. Une innovation qui aurait sans doute fasciné les parachutistes des opérations Overlord et Market Garden durant la Seconde Guerre mondiale.
Selon les images publiées, l’assaut a été mené à partir de deux hélicoptères CH-47J, avec les drones quadrupèdes de Ghost Robotics en avant-garde. Les légendes de la diffusion précisaient que ces robots étaient déployés pour des "missions de reconnaissance par véhicules terrestres sans pilote", montrant les plateformes robotiques progressant devant les soldats à pied dans un champ ouvert pour sécuriser la zone.
Des missions de reconnaissance lors d’assauts
Les Forces d'autodéfense terrestres japonaises utilisent désormais des drones quadrupèdes, ces "Robodog-kun" de Ghost Robotics, pour des missions de reconnaissance lors d’assauts et d’opérations d’insertion par hélicoptère. Lors des démonstrations, les robots, capables de se déplacer sur des terrains difficiles, avançaient devant les soldats pour identifier les menaces et sécuriser le terrain. Les capteurs dont ils sont équipés leur permettent de surveiller toute activités en temps réel.
Ces plateformes légères s’inscrivent dans le cadre d’un programme de modernisation des forces japonaises, visant à renforcer la défense des bases aériennes, la protection des îles et la rapidité d’intervention tout en réduisant les risques pour le personnel.
Chaque mois de janvier, la 1ère brigade aéroportée du Japon organise son exercice annuel de descente pour démontrer ses capacités d’insertion par hélicoptère, ses manœuvres terrestres et l’usage de systèmes de soutien intégrés. Cette année, l’intégration de robots quadrupèdes a mis en avant les efforts des Forces terrestres d’autodéfense pour améliorer la reconnaissance et la sécurité des zones d’atterrissage à haut risque, notamment sur les îles isolées où la détection précoce des menaces est essentielle.
Contexte de tensions
Cette démonstration survient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre le Japon et la Chine, depuis que la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a laissé entendre en novembre dernier que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque de Pékin contre Taïwan. En réponse, la Chine a limité ses exportations vers le Japon de produits aux applications potentiellement militaires, accentuant les inquiétudes à Tokyo quant à la dépendance aux terres rares, essentielles pour l’industrie et la défense.
Le renforcement de la défense dans la région dite "Sud-Ouest", incluant l’île subtropicale d’Okinawa, demeure une priorité pour le Japon. Cette île, qui accueille la majorité des bases militaires américaines sur le territoire japonais, représente un poste avancé stratégique pour surveiller la Chine, le détroit de Taïwan et la péninsule coréenne, soulignant son rôle central dans la sécurité régionale et les opérations conjointes avec les États-Unis.
