Topspin, Rainbow 6 Siege... Daniil Medvedev se confie sur sa passion pour les jeux vidéo

Des courts à la console, il n'y a qu'un pas que de plus en plus de sportifs de haut niveau aiment franchir. Il y a évidemment les habitués comme les joueurs de sports collectifs qui ont le droit à leur représentation en motion capture dans des jeux comme EA Sports FC 25, NBA 2K25 ou autre Madden 25 pour être au plus près des mouvements comme des physiques. Les jeux de tennis qui se multiplient ces derniers temps y recourent aussi pour plus de réalisme.
"C'est choquant dans le bon sens du terme", explique (en bon français) Daniil Medvedev à Tech&Co, après avoir découvert son double virtuel dans TopSpin 2K25. "On sait à quel point la technologie s'est améliorée et comment on peut refaire pratiquement tout du joueur, les gestes techniques, la tête évidemment."
Un double virtuel qui volleye mieux que moi"
Le tennisman russe est l'une des têtes d'affiche de la simulation de tennis de 2K Sports sortie en début d'année. Et il est surtout un adepte de jeux vidéo au regard affûté autant que raquette en main. "Le Daniil Medvedev du jeu, je peux l'entraîner et le faire progresser plus facilement. Il volleye beaucoup mieux dans le jeu", rigole-t-il. "Tu comprends comment il faut le faire et tu le fais. Sur le terrain, c'est un peu plus complexe."

S'il se dit content de son double dans TopSpin, il glisse aussi quelques points à améliorer. "Dans le jeu, tu peux réussir à tout faire très bien. Mais il y a certaines choses qu'un jeu ne peut pas créer. Dans le jeu, on ne peut pas prévoir les enchaînements, les frappes, celles qui vont marcher quand il y a 0-30, 0-40 ou balle de match."
Mais il reconnaît que cela fait surtout le bonheur de ses amis avec lesquels ils frappent aussi quelques balles virtuelles quand il peut.
"Mes amis peuvent rivaliser à TopSpin cette fois, pas comme dans la vie réelle", rigole le Russe. "C'est beaucoup plus dur pour moi que dans la réalité".
Medvedev reconnaît néanmoins que, sur les courts comme sur console, il "veut toujours gagner". "Mais ça reste plus important dans la vraie vie que sur console. Pas comme quand j'étais petit", ajoute-t-il. "Je m'énerve quand même moins sur le jeu que sur le court."
Parmi les tout meilleurs Rainbow 6 Siege
Joueur vidéoludique invétéré dès qu'il a le temps, Daniil Medvedev avait surtout fait forte impression durant le confinement lorsqu'on l'avait découvert joueur de très grand talent sur Rainbow 6 Siege, le multijoueur stratégique d'Ubisoft, au point de finir classé niveau Diamant et d'atteindre plusieurs fois le haut niveau de la compétition en ligne.
"Je ne fais que du multi en ligne, parce que j'aime la compétition contre des humains, pas contre des machines", martèle le numéro 5 mondial à l'ATP, devenu ambassadeur du jeu après ses bons résultats. "C'est là où ça devient intéressant, quand je me dis: 'Ok, je pense que tu vas faire ça et moi, je vais essayer de faire ça, et lui, il pense comme ça'. C'est là où j'adore la vie en compétition." Des réflexes de sportif de haut niveau dont il ne se départit pas, même avec une manette.
"L'esport, c'est du sport, pas un loisir", clame le tennisman. " C'est un sport où les gens sont en compétition, où il faut gagner, où il faut réagir mieux que l'autre, il faut penser mieux que l'autre."
Lui se voit comme un "contre-attaquant": "Quand je joue, je pense comme sur un terrain de tennis. Si un jour je sens que je maîtrise, je vais aller à fond. Si je le sens moins, je suis un peu plus défensif, je cherche les possibilités pour gagner quand même, contre mes amis comme en ligne. Et je sais que même dans TopSpin, je ne suis pas le meilleur joueur du monde."
"Je peux jouer durant la nuit"
"Je ne prends pas ma console sur les tournois. Je suis quelqu'un qui aime bien contrôler les choses dans ma vie et le jeu vidéo est quelque chose qui peut devenir très addictif", admet-il. "Je peux jouer durant la nuit. Pas toute la nuit quand même. Mais quand je suis à la maison, je joue. Donc, ce n'est pas beaucoup de temps avec ma vie de tennis, mais j'essaie de jouer le plus que je peux."
Un même profil de compétiteur
Il le reconnaît, dans le jeu vidéo, ce qu'il aime, c'est la compétition. "Depuis que je suis jeune, j'aime ça. C'est l'adrénaline qui me manque quand je ne suis pas en tournoi", résume Medvedev. "C'est pour ça que je fais aussi des jeux mobiles, je fais de la Fantasy League avec mes amis sur le championnat anglais de foot. Nous les sportifs, on est comme ça."
Fan de sport, le joueur slave voit beaucoup de points communs entre sportif et esportif. "C'est très comparable. C'est de la compétition devant des stades de fous de 30, 40.000 personnes surtout en Asie. Ca envoie du lourd, ça crie. C'est agréable à voir", s'enthousiasme-t-il. "Il y a le jeu fort, le jeu plus calme, des émotions. C'est là où je trouve le point commun. Mais l'esport, c'est aussi très fatigant au niveau cérébral. La grande différence, c'est qu'on ne bouge pas."
Et joueur esport professionnel, Medvedev se verrait bien le devenir, mais après sa carrière. "Je pense que, quand je finirai ma carrière de tennis, ça va être trop tard", relativise-t-il. "Tu n'as plus les mêmes réflexes que les jeunes. Il faut beaucoup d'entraînement. J'aurais davantage de temps à la retraite pour ça." Et de lancer un appel: "Si un jour, on peut devenir professionnel dans l'esport à 40 ans, je serai très content. S'il y a une compétition pour les plus de 40 ans, je serai ravi de participer."