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Meta se muscle sur l'IA en rachetant une start-up spécialisée dans la création et le clonage de voix humaines

BFM Business Salomé Ferraris
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Meta poursuit sa stratégie pour devenir leader de l'intelligence artificielle. Après avoir proposé des sommmes folles pour recruter une dizaine de pointures de l'IA, le groupe a racheté PlayAI.

Meta voit son avenir dans l'intelligence artificielle. Selon Bloomberg, le groupe de Mark Zuckerberg a racheté PlayAI, une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle vocale.

Cette acquisition a été confirmée au média américain par un porte-parole de l'entreprise. En revanche, le montant de l'opération n'a pas été révélé.

"Le travail de PlayAI dans la création de voix naturelles, ainsi qu'une plate-forme pour une création vocale facile, correspond parfaitement à notre travail et à notre feuille de route, à travers les personnages IA, Meta AI, les objets connectés et la création de contenu audio", précise un document interne.

Selon le document interne, "toute l'équipe PlayAI" rejoindra Meta dès la semaine prochaine. PlayAI s'est spécialisée dans les technologies vocales. Son outil est capable de cloner les voix humaines et d'en générer de nouvelles. L'entreprise travaille avec Amazon, IBM, Ford ou encore Deliveroo.

Investissements et recrutements

Ces derniers mois, Meta a multiplié les initiatives dans le domaine de l'intelligence artificielle. Avec un objectif: devenir leader du secteur en développant la superintelligence ou IA générale, une IA supérieure aux capacités humaines de compréhension et de réflexion.

Et il y a du chemin à parcourir avant de faire la course en tête. Déjà, la concurrence est de plus en plus féroce. Surtout, la dernière version de Llama 4, lancée début avril, avait été jugée décevante malgré des investissements importants. Meta a donc pris la décision de se réorganiser en interne. Le groupe a choisi de scinder ses équipes en deux: l'une étant chargée de Meta AI et l’autre d’avancer la recherche, en particulier dans la voix et les modèles de raisonnement. D'où le rachat de PlayAI.

En parallèle, Meta a fait un investissement massif dans Scale AI, spécialisée dans la mise en état de données utilisées pour développer les modèles d'IA. Montant de l'opération: 14,3 milliards de dollars (12,4 milliards d’euros), selon Associated Press. C'est la deuxième opération de l’histoire du groupe, juste derrière le rachat de Whatsapp en 2014, pour 19 milliards de dollars. En échange, l’entreprise de Mark Zuckerberg est devenue un actionnaire minoritaire, à 49%.

Le groupe a également recruté 11 stars de l'IA, en leur promettant des primes mirobolantes. Parmi ces nouvelles recrues, Alexandr Wang, directeur général de Scale AI, plusieurs concepteurs des dernières versions de ChatGPT, des anciens de Google, qui ont travaillé sur les capacités de raisonnement de Gemini ou encore Natf Friedman, un ancien de chez GitHub.

Si Sam Altman, directeur général d'OpenAI, assurait que Meta avait offert une prime individuelle à la signature de plus de 100 millions de dollars à "beaucoup" d'employés de sa start-up, accompagnée d'un salaire important, en réalité, seules quelques pointures se sont vues proposer une telle somme.

C'est par exemple le cas de Ruoming Pang, ancien ingénieur chez Apple. Celui qui dirigeait l'équipe dédiée aux modèles d'intelligence artificielle, les "Foundation Models" de la firme de Cupertino s'est ainsi vu offrir 200 millions de dollars. La somme se ventile entre un salaire de base, une prime à la signature ainsi que des actions Meta, qui constituent la plus grosse partie du montant.