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Harcèlement, arnaques... un rapport gouvernemental alerte sur la forte hausse de la cybercriminalité

BFM Business Kesso Diallo avec Maxime Brandstaetter
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Dans son rapport annuel de la cybercriminalité, le ministère de l’Intérieur alerte sur une hausse des atteintes numériques depuis cinq ans.

278.770. C’est le nombre d’"atteintes numériques" recensées par le Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) en 2023. Il s’agit du nombre d’infractions cyber qui ont donné lieu à des suites judiciaires.

Dans son rapport annuel de la cybercriminalité, publié ce mardi 30 juillet, le COMCYBER-MI alerte sur une hausse de 40% des "atteintes numériques" depuis cinq ans en France.

Un chiffre en réalité plus élevé

Parmi ces infractions, 59% sont des atteintes aux biens (escroqueries, détournement de moyen de paiement...) tandis que 34,5% sont des atteintes aux personnes (harcèlement, discriminations en ligne, menaces...). Pour ces dernières, la moitié des victimes sont des femmes âgées de 18 à 44 ans, qui ne représentent pourtant que 16% de la population.

Le rapport mentionne également des atteintes aux institutions et à l’ordre public (6%), ainsi que des atteintes aux législations et à la réglementation numérique (0,5%).

Si près de 280.000 infractions ont été relevées l’année dernière, le COMCYBER-MI précise que ce chiffre est en réalité plus élevé car les infractions ne font pas toutes l’objet de suite judiciaire. A titre d’exemple, la plateforme Perceval, qui permet de signaler une fraude à la carte bancaire, a enregistré 259.094 signalements, qui n’ont pas tous eu de suite judiciaire. Raison pour laquelle le COMCYBER-MI encourage les victimes d’une atteinte numérique à porter plus souvent plainte.

Phénomènes inquiétants

Le service du ministère de l’Intérieur alerte en outre sur certains phénomènes, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans la cybercriminalité qui s’est développée. Capable de générer des deepfakes, des images ou encore du texte, elle permet d’améliorer des techniques déjà existantes.

Cela va "représenter un défi majeur pour les forces de sécurité intérieure" dans les prochaines années, estime-t-il. Selon le COMCYBER-MI, un escroc cherchant à se faire passer pour la banque d’une victime afin de la tromper pourra, par exemple, le faire en imitant la voix de son banquier.

Le rapport relève également une démocratisation de l’accessibilité aux outils de cybercriminels ces dernières années. En effet, une personne peut aujourd’hui acheter des rançongiciels ou des kits d’hameçonnage prêts à être utilisés sur le dark web ou sur des messageries cryptées.

Enfin, le COMCYBER-MI s’inquiète d’une "hausse significative" des atteintes numériques aux mineurs, qui ont augmenté de 45% en cinq ans, pour s’élever à 9.710 en 2023.