Attentats de Christchurch: YouTube mis en cause dans la radicalisation du terroriste

Le suprémaciste blanc Brenton Tarrant au premier jour de son procès, le 24 août 2020 au tribunal de Christchurch, en Nouvelle-Zélande - JOHN KIRK-ANDERSON © 2019 AFP
Les réseaux sociaux une nouvelle fois pointés du doigt dans la radicalisation terroriste. Dans un rapport de près de 800 pages, une commission néo-zélandaise chargée d’enquêter sur les attaques qui ont fait 49 morts dans deux mosquées de la ville de Christchurch, détaille les circonstances dans lesquelles le terroriste d’extrême-droite s’est radicalisé, notamment en ligne.
“L’individu a assuré qu’il n’était pas un habitué des sites d’extrême-droite et que YouTube a constitué pour lui une source significative d’information et d’inspiration. Bien qu’il ait aussi fréquenté des forums de discussion d’extrême-droite comme 4chat et 8chan, les éléments de preuves que nous avons consultés montrent une utilisation plus importante de YouTube, appuyant ses déclarations” peut-on lire dans le document.
La vidéo de la tuerie largement partagée
Un constat repris par Jacinda Ardern, Premier ministre de Nouvelle-Zélande, qui a évoqué sa volonté d’échanger sur ce point avec la direction de YouTube, rapporte The Guardian.
La plateforme appartenant à Google avait été pointée du doigt au moment des attentats du 15 mars 2019, alors que la vidéo des assassinats était restée librement accessible pendant plusieurs heures. Des critiques visaient par ailleurs Facebook, qui avait dû supprimer 1,5 million de vidéos de l’attentat.
Le rôle des réseaux sociaux dans ces actes terroristes avait mené plusieurs pays, dont la France, à organiser “l'appel de Christchurch”, une réunion internationale visant à responsabiliser les réseaux sociaux dans la lutte contre la haine en ligne.
Un rendez-vous qui n’a pas empêché ces mêmes plateformes d’être impliquées dans d’autres attentats terroristes, à commencer par l’assassinat de Samuel Paty, avec cette fois des accusations portées sur Facebook, cadre de la propagation de nombreuses fausses informations visant le professeur de Conflans-Sainte-Honorine.