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Déjà 450.000 euros récoltés en trois jours au Streamers 4 Palestinians sur Twitch

BFM Business Salomé Ferraris
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Pendant cinq jours, 40 streamers se relaient dans le cadre d’une campagne caritative organisée en réaction au récent bombardement israélien à Rafah. Après trois jours de mobilisation, plus de 450.000 euros de dons pour Médecins du monde ont été recoltés.

Le streaming comme levier de mobilisation. Plus d'une quarantaine de streamers se relaient depuis ce vendredi 31 mai jusqu'à mercredi 5 juin sur la plateforme Twitch au "Streamers 4 Palestinians". L'objectif? Lever des fonds "en soutien à la population palestinienne à Gaza et en Cisjordanie".

Depuis vendredi, de nombreux créateurs populaires sur internet comme Horty, Ponce, Angle Droit, ou encore les journalistes Clément Viktorovitch et Samuel Etienne, habitués de la plateforme de diffusion en direct, se sont joints à "Streamers 4 Palestinians", une collecte d'argent en faveur de l'ONG Médecins du monde.

"Beaucoup de streamers ont répondu à l'appel très vite", a expliqué vendredi sur sa chaine Twitch Baghera Jones (639.000 abonnés), streameuse à l'origine de cette initiative qui doit se terminer mercredi soir.

"C'est très nouveau pour moi, ça a été fait dans l'urgence puisque c'est une situation qui est dans l'urgence" a-t-elle également indiqué, alors que cette collecte a été lancée quelques jours après une frappe israélienne sur un camp de déplacés dans le sud de la bande de Gaza.

450.000 euros récoltés

A 18h lundi, la cagnotte affichait déjà plus de 450.000 euros récoltés.

"Cette cagnotte pour la population palestinienne n'était pas prévue mais elle nous fait chaud au coeur parce qu'on a des gros besoins financiers sur le terrain", s'est réjoui Virginie Poux, cheffe de projet innovation au service collecte de Médecins du monde.

Des membres de l'ONG sont également intervenus sur plusieurs chaines pour répondre aux questions des internautes ou donner des exemple concrets sur l'utilisation de cet argent. "C'est aussi une manière d'expliquer ce qu'on fait, de visibiliser nos actions", constate Virginie Poux.

Si les streams caritatifs existent depuis plusieurs années sur la plateforme détenue par Amazon, "Streamers 4 Palestinians" a montré la rapidité avec laquelle ces initiatives peuvent se monter.

Un élan international

"Les streamers offrent des émissions quasi-quotidiennes, durant généralement plusieurs heures, en direct, et largement improvisées", explique le sociologue Samuel Coavoux, spécialiste des plateformes comme Twitch. "Tout est déjà prêt pour de tels événements".

Mi-mai, "Stream for Palestine", un événement similaire porté par une douzaine de créateurs moins connus, avait déjà récolté plus de 12.000 euros sur un week-end "pour des collectes de fonds destinées aux familles de Gaza".

Mais cet élan ne se limite pas à la France. Jeudi, des dizaines de créateurs issus de Youtube ou Tiktok se sont réunies à Los Angeles à l'occasion de "Creators for Palestine", une émission diffusée en direct sur Twitch et Youtube qui a collecté 1,5 million de dollars au profit de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et les organisations humanitaires Palestine Children's Relief Fund, Medical Aid for Palestinians et HEAL Palestine.

Des records de dons

Pour Samuel Coavoux, le fonctionnement même de la plateforme de streaming habitue les spectateurs à sortir le portefeuille: "les streamers dépendent des dons réguliers ou ponctuels de leurs publics - et ils ont un public qui donne."

Ces dernières années, de nombreux rendez-vous annuels en ligne ont ainsi enchaîné les records de dons: 10 millions d'euros pour des associations écologistes lors du marathon caritatif Zevent en 2022, ou encore 2 millions d'euros à SpeeDons en mars, au profit là aussi de Médecins du monde.

"C'est un levier parmi d'autres, mais un levier qui est très important pour nous", affirme Virginie Poux, qui y voit une contribution "non négligeable" au financement de l'ONG.

Au risque, pour les streamers, de s'aliéner une partie de leur public en cas de prise de position ? "Il y a toujours un risque à l'engagement politique, mais l'engagement caritatif qui s'appuie sur la compassion plutôt que sur la revendication, est plus sûr", estime Samuel Coavoux.