Un collectif d'historiennes dénonce "la prédominance masculine" en histoire

Au CNRS, dans les sciences humaines, les femmes ne représentent que 25,5% du corps de la direction de recherche. - LIONEL BONAVENTURE / AFP
"En histoire, mettons fin à la domination masculine", a demandé un collectif rassemblant plus de 500 historiennes dans une tribune publiée par Le Monde daté de vendredi.
Les historiennes parmi lesquelles on relève les noms de Mathilde Larrère, Camille Lefebvre ou Judith Rainhorn proposent notamment de "défendre la représentation égalitaire des femmes dans les comités de recrutement et jurys de concours, où la loi l'impose, ainsi que dans les différentes instances de la recherche".
Rendez-vous de l'histoire
La tribune est publiée alors que se tiennent jusqu'à dimanche les Rendez-vous de l'histoire de Blois, la grande manifestation annuelle de la discipline.
Les organisateurs de cette manifestation ont décidé d'instaurer la parité dans leurs instances mais cet objectif, a prévenu le directeur Francis Chevrier, sera atteint "à moyen terme, au fil du renouvellement de ces instances".
"Blois n'est qu'un symptôme, celui de la persistance de la prédominance masculine dans un contexte de féminisation progressive, mais fragile, du corps académique", ont rappelé les historiennes signataires de la tribune.
"Notre tribune n'est pas une complainte"
"Dans les sciences humaines, les femmes représentent près de la moitié du corps de maîtres de conférence, mais ne sont plus que 29% dans le rang professoral et 25,5% au sein de la direction de recherche au CNRS", ont-elles déploré.
"En outre, ont-elles insisté, les femmes deviennent professeures à un âge plus avancé, avec une différence de salaire constatée de près de 1.000 euros en fin de carrière".
Les signataires ont ainsi demandé de "prendre en compte les contraintes spécifiques des carrières féminines".
"Notre tribune n'est pas une complainte, elle est tournée vers l'avenir", ont-elles souligné. "Nous voulons que l'histoire devienne davantage l'histoire de toutes et de tous, et que les nouvelles générations puissent partager et échanger, produire collectivement et collégialement, et, au-delà de la différence des sexes, un récit du passé plus dense, car nourri d'expériences plus riches", ont-elles conclu.












