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Tuerie de Chevaline : "Un arsenal" retrouvé chez l'ex-policier

BFM La rédaction avec M. Brodero et agences
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La garde à vue de l'ex-policier a été levée ce vendredi dans le cadre de l'enquête sur les meurtres, mais va reprendre pour trafic d'armes. Selon son avocat, un stock "inhabituel" a été retrouvé chez son client.

La garde à vue de l'ex-policier municipal a été suspendue, dans l'affaire de l'enquête sur les meurtres commis à Chevaline, en Haute-Savoie, mais elle "sera reprise (...) dans le cadre d'un commerce illicite d'armes de guerre et de munitions, révélé lors des perquisitions réalisées par les enquêteurs, activité illicite commise de surcroît en bande organisée", a précisé le procureur d'Annecy, Éric Maillaud, dans un communiqué.
Dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, les auditions et les perquisitions menées depuis mardi "n'ont pas permis d'établir de lien direct entre le drame du 5 septembre 2012 et cet homme, amateur d'armes de guerre, présentant une forte ressemblance avec le portrait-robot" d'un motard "qui se trouvait dans un secteur géographique proche du lieu des faits lors de leur commission", rappelle le procureur. "L'arme du crime n'a pas été retrouvée, ni le casque figurant sur le portrait-robot, ni la moto décrite par plusieurs témoins et recherchée par les enquêteurs. L'enquête se poursuit donc activement", ajoute-t-il.

"Un arsenal retrouvé chez lui"

Pour l'avocat de l'ancien policier municipal et gendarme auxiliaire, la levée de la garde à vue est "cohérente". "Les présomptions qui pesaient contre lui n'avaient de fiable que l'apparence. Lorsqu'on passe au crible son emploi du temps, tout est contestable et contesté. Il ne pouvait pas se trouver sur la scène du crime dans le laps de temps" de la tuerie, a souligné Me Marc Dufour. "Les enquêteurs ont fait leur travail. Il eût été anormal qu'il n'ait pas été interrogé, mais tous les éléments techniques et factuels le mettent hors de cause", a ajouté l'avocat, en regrettant un "emballement" autour de cette affaire.
Un peu plus tôt sur RMC, Me Dufour avait déclaré que son client avait "un profil particulier, de collectionneur d’armes de la Première et de la Deuxième guerre mondiale", et qu'un arsenal avait été retrouvé chez lui. "Compte-tenu de l’arme qui est censée avoir servi dans la tuerie de Chevaline, on se dirige vers une arme qui n’est pas contemporaine" a précisé l'avocat.
Me Dufour a en outre admis que son client vouait une admiration pour l’armée du IIIe Reich". L'avocat a précisé que le stock d’armes de l'ex-policier était "inhabituel, entre 30 et 40 pièces de collections", non déclarées, dont certaines n’étaient "pas neutralisées", et dont la détention est "prohibée".

Ouverture prochaine d'une information judiciaire

L'ancien policier municipal de Menthon-Saint-Bernard, collectionneur d'armes de la Seconde guerre mondiale, "devrait être déféré au parquet à l'issue de sa garde à vue et une information judiciaire sera ouverte afin de poursuivre l'enquête sur ces faits de trafic d'armes", a ajouté le procureur. La garde à vue du suspect, interpellé mardi, ne peut être prolongée au-delà de 96 heures, soit jusqu'à samedi à 10 heures.
Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline. Un cycliste français, Sylvain Mollier, 45 ans, considéré comme une victime collatérale, avait aussi été abattu.