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Tours: une entreprise condamnée pour harcèlement sexuel indirect

BFM S. Ac.
Henri Leclaire.

Henri Leclaire. - AFP

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Décision inédite aux prud'hommes de Tours. Le conseil a qualifié de harcèlement sexuel des propos qui ne visaient pas directement une employée.

Le 1er juillet 2015, le conseil des prud'hommes de Tours a condamné le journal La Nouvelle République du Centre-Ouest pour harcèlement sexuel, en raisons d'agissements qui ne visaient pas directement la plaignante, comme le rapporte le site la Rotative. Mme G., journaliste au quotidien régional depuis 1989, avait porté plainte contre son entreprise, en raison des propos connotés sexuellement tenus par certains de ses collègues masculins en 2012. 

Propos sexistes et affiches de sensibilisation arrachées

En novembre 2012, lorsqu'un de ses collègues raccroche après un entretien téléphonique avec une autre journaliste, il s’écrie: "Ah celle là, quelle sale pute! Celle-là, si elle croit que c’est comme ça que je vais lui mettre un doigt, elle se trompe". Autre exemple, lorsque l'une de ses collègues décide de collaborer au magazine féminin Sensuelle, elle doit subir des insultes régulières: "Pétasse, chaudasse, salope".

D'après la Rotative, Mme G. décide alors de sensibiliser ses collègues masculins en posant une mur une affiche sur laquelle est écrit: "Chers collègues, la loi vous rappelle que le harcèlement sexuel n’est jamais un jeu mais toujours une violence". Le lendemain, un de ses collègues arrache l'affiche, prétextant que cela lui "pète les couilles" de voir ça.

Une lourde amende pour La Nouvelle République

En 2013, Mme G. demande la résiliation judiciaire de son contrat de travail. En 2015, le conseil des prud'hommes lui donne raison et La Nouvelle République du Centre-Ouest est condamnée à lui verser 10.000 euros de dommage et intérêts pour "harcèlement moral et sexuel", ainsi qu'une indemnisation de rupture de contrat équivalente à 16 mois de salaires.