Soeur Bernadette raconte sa guérison miraculeuse après son séjour à Lourdes

Sœur Bernardette Moriau est une "miraculée": son cas a été reconnu comme tel dimanche par l'Eglise, après 10 ans d'attente. A l'été 2008, cette ancienne infirmière, qui souffre d'une grave invalidité, se rend à Lourdes en pèlerinage avec son diocèse de l'Oise. "C'étaient les 150 ans des apparitions de Marie à Bernadette (Soubirous, NDLR), je m'appelle Bernadette c'est peut-être une grâce", dit cette franciscaine, cheveux gris et corps fluet.
"Lourdes est une terre de fraternité, on n'est pas regardé de travers si on est tordu ou en fauteuil roulant", observe-t-elle. "J'ai participé au pèlerinage d'une manière très sereine (...) à travers les sacrements de la réconciliation et des malades".
"J'ai senti un bien-être, une détente de tout mon corps"
Revenue dans sa communauté à Bresles, dans l'Oise, à une dizaine de kilomètres de Beauvais, elle se trouve en adoration à la chapelle le 11 juillet à 17h45. "On se rappelle de tout comme si c'était aujourd'hui", glisse-t-elle pour expliquer son soin de la précision.
"J'étais devant le saint-sacrement et j'ai senti un bien-être, une détente de tout mon corps. Avec le corset, l'attelle, le neuro-stimulateur, je n'étais pas toujours très à l'aise. Une chaleur m'a traversée mais je ne savais pas ce qui s'est passé", dit-elle. De retour dans sa chambre, elle entend une voix lui dire: "Enlève tes appareils". "Dans un acte de foi" et en pensant à l'évangile selon Saint-Jean "prends ton grabat et marche", elle ôte ses appareils. "A ma grande surprise, quand j'ai enlevé le corset et mon attelle, mon pied était redressé. Je pouvais bouger et je n'avais pas mal", explique-t-elle, émue. Le jour même, elle dit arrêter la morphine et les auto-sondages. Le lendemain, "je suis allée marcher cinq kilomètres dans la forêt avec ma belle-sœur qui était venue me voir et qui à son grand étonnement me voyait sans appareil".
70 cas reconnus officiellement par l'Eglise
Longtemps, sœur Bernadette dit s'être demandée pourquoi elle avait été choisie par Dieu, "alors que tant d'autres en auraient plus besoin" qu'elle. Mais "je n'ai pas de compte à demander à Dieu", reprend-elle. Pendant les dix années de la longue instruction de son dossier pour qu'il soit validé comme "miracle" par l'Église, sœur Bernadette s'est rendue une fois par an à Lourdes "pousser des fauteuils".
Le docteur Alessandro de Franciscis, quinzième président du Bureau des constatations médicales de Lourdes depuis la création de cette instance à vocation scientifique en 1883, a lui rappelé qu'il existait dans les archives "7400 dossiers de guérisons étudiés et discutés". Pour seulement 70 cas reconnus officiellement par l'Église comme guérison "miraculeuse", depuis l'apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous en 1858.











