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Prolongement du tramway au nord de Paris: les riverains assommés par les nuisances des travaux

BFM C. B avec Séga Kanouté
Les travaux de prolongement du tramway occupent la quasi-totalité de l'avenue de Saint-Ouen.

Les travaux de prolongement du tramway occupent la quasi-totalité de l'avenue de Saint-Ouen. - BFM Paris

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Depuis trois ans les nuisances s'enchaînent avenue de Saint-Ouen à Paris où des travaux sont en cours pour le prolongement de la ligne de tramway. Même si les habitants reconnaissent l'utilité du chantier, les travaux ont pris du retard et la situation devient critique pour certains commerçants.

Avenue de Saint-Ouen dans le 17e arrondissement de Paris, les voitures circulent au ralenti et sur une seule file. Au centre de la rue complètement congestionnée, les travaux de prolongement de la ligne 3 du tramway occupent une bonne partie de l'espace et s'éternisent. Sur les trottoirs étroits, les riverains sont agacés. "On ne peut pas passer, on ne peut pas circuler", explique l'un d'eux. "C'est trop bruyant, surtout le matin quand ils creusent les chaussées", poursuit un autre habitant. 

En plus des nuisances, les clients désertent les boutiques de l'avenue. La situation commence à devenir problématiques pour les commerçants comme Richard Colombo, à la tête d'un magasin de cigarettes électroniques. "J'estime que je suis à 30% environ sous l'activité normale", explique-t-il.

Cet après-midi là, Jérôme Dubus, conseiller de Paris en charge du 17e arrondissement est venu à sa rencontre et tente de lui proposer des solutions. "Il y a deux solutions: la première solution c'est de mieux organiser les travaux et être mieux coordonné. Et ça c'est le rôle de la mission tramway qui est dédiée à ça. Et la deuxième solution que l'on peut mettre en place ce sont des indemnisations ponctuelles", explique l'élu Les Républicains.

Des indemnisations qui se font attendre

Une commission d'indemnisation a en effet été mise en place par la RATP pour venir en aide aux entreprises qui souffrent des conséquences des travaux mais pour le commerçant, cette indemnisation n'est pas une fin en soi.

"Mon souhait n'est pas de demander des indemnités. Mon souhait est simplement de pouvoir vivre de mon travail et ça doit pouvoir être fait" souligne-t-il. 

D'ailleurs, même si la commission d'indemnisation doit permettre d'aider les commerçants, les élus eux-mêmes déplorent qu'elle ne soit pas plus efficace. "Ce qu'il faut regretter c'est que la commission existe depuis 2014 et il n'y a pas eu beaucoup d'indemnisations", regrette Philippe Guerre, adjoint au maire en charge du commerce, citant l'exemple d'un commerçant n'ayant reçu qu'une indemnité provisionnelle de 5.000 euros sur une enveloppe de 40.000 euros demandée.

"Les problèmes des commerçants sont à l'heure actuelle et non pas à la fin des travaux, c'est maintenant qu'on doit les aider", poursuit l'élu.

Les travaux de la RATP devraient normalement se terminer l'année prochaine, ils ont déjà pris une année de retard.