Présidentielle et législatives 2012: 506.000 personnes ont pu voter deux fois

Un électeur glisse un bulletin de vote dans l'urne (illustration) - BFMTV
Des citoyens qui votent deux fois à un scrutin national? C'est l'anomalie révélée par un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) sur les élections présidentielles et législatives de 2012.
Selon l'IGA, 506.000 citoyens ont ainsi eu la possibilité de voter deux fois à chacun de ces scrutins nationaux, selon les conclusions de l’étude commandée par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, et publiées jeudi par Le Parisien.
Des "incohérences" pour plus d'un million d'électeurs
Selon le rapport, c'est la non-radiation d'un électeur sur la liste de la commune d'où il a déménagé qui est la principale cause de cette situation troublante.
Il n’en reste pas moins que cet électeur est en capacité de voter à deux reprises, bien que le rapport tel que présenté aujourd’hui ne donne aucun chiffre sur cette pratique. Dans de nombreuses situations, ce cas de figure échappe même à l’intéressé.
En effet, au total, selon l’étude, plus de 1 million de Français ont, a minima, des incohérences dans leur recensement électoral.
"Les listes électorales ne sont pas toujours représentatives, dans les grandes villes notamment, et la marge de mal-inscrits est encore trop importante", confirme au Parisien la députée PS de Seine-Saint-Denis, Elisabeth Pochon, rapporteur de la mission d'information sur les modalités d'inscription sur les listes électorales.
Hollande veut augmenter le temps d'inscription
C'est pourquoi dans le cadre du choc de simplification, le président de la République François Hollande a proposé de laisser plus de temps aux citoyens pour s’inscrire sur les listes électorales avant un scrutin alors que près de 3 millions de Français ne sont pas du tout inscrits sur les listes électorales.
Aujourd’hui la règle qui prévaut est d’être inscrit avant le 31 décembre de l’année qui précède le vote.
600 millions d'euros
Le Parisien souligne aussi que ce rapport "ne restera pas sans suite" puisque "le ministère de l'Intérieur a prévu dans le budget 2015 de mettre les feux sur la dématérialisation de l'organisation des élections, en supprimant l'envoi des professions de foi par la poste au profit d'Internet".
De quoi économiser en outre 130 millions d'euros, alors que l’organisation de la présidentielle puis de la législative en 2012 a coûté plus de 600 millions d’euros… Mais ce changement de pratique vient d'être rejetée par les députés.












