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Nantes : un père toujours perché sur une grue pour voir son fils

Serge Charnay réclame le rétablissement du droit de visite de son fils Benoît.

Serge Charnay réclame le rétablissement du droit de visite de son fils Benoît. - -

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Un père était toujours perché dimanche en haut d'une ancienne grue du port de Nantes (Loire-Atlantique), où il est retranché depuis vendredi, pour obtenir le rétablissement du droit de visite de son fils, Benoît.

Cela fait maintenant plus de 3 jours qu'il est perché sur une grue à 40 mètres de hauteur, à Nantes : Serge Charnay, 42 ans, réclame le droit de voir Benoît, son fils. Cet ancien informaticien au RSA, sans domicile fixe, dit avoir fait quatre mois de détention provisoire entre septembre 2011 et janvier 2012, pour avoir enlevé son fils de six ans des mains de ses grands-parents maternels « pour l'emmener en vacances » en Ardèche. Les autorités maintiennent une veille autour de la grue et n'entendent pas jusqu'à présent aller chercher par la force un homme qui ne semble pas en danger et ne met la vie de personne en péril. Retranché à une quarantaine de mètres de hauteur sur la grue désaffectée, il a déployé une banderole blanche sur laquelle est écrit : « Benoît, 2 ans, sans papa ».

Un second père, solidaire, sur une autre grue

Samedi, un autre père, Nicolas Moreno, a grimpé par solidarité, pendant quelques heures, sur une autre grue du port de Nantes, distante de quelques centaines de mètres. Cette action coup de poing survient à quelques jours d'une manifestation prévue mercredi à Nantes par l'association « SVP Papa » pour « dénoncer les dérives du pouvoir judiciaire » en matière de justice familiale. Nicolas Moreno, un grimpeur-élagueur de 34 ans, père de deux garçons en bas âge, qui habite Romans-sur-Isère (Drôme), a expliqué avoir voulu lancer « un message à tous les papas désespérés ». « Il y a des lois qui sont très très bien faites, on souhaite simplement qu'elles soient appliquées équitablement », a-t-il dit à la presse. « Malheureusement, la justice n'est pas impartiale, il suffit de prendre tous les chiffres sur les résidences et domiciliations des enfants, 80% des domiciliations sont remises aux mamans ».
Nicolas Moreno avait déjà entamé une grève de la faim en novembre à Valence (Drôme), après la décision de la justice de fixer la résidence principale de ses enfants dans les Landes, où a déménagé leur mère. Il avait alors reçu le soutien de Serge Charnay.

Ayrault mobilise deux ministres

A la demande de Jean-Marc Ayrault, la ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, recevra la semaine prochaine, avec la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, les associations de défense des droits des pères. Dans un communiqué, le Premier ministre dit suivre « avec la plus grande attention » la situation de Serge Charnay, perché depuis quarante huit heures au sommet d'une ancienne grue du port de Nantes, ville dont Jean-Marc Ayrault fut maire. Cette annonce pourrait permettre aux autorités locales d'engager sur place un dialogue avec Serge Charnay, qui a menacé de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui si les forces de l'ordre persistent à lui refuser tout ravitaillement.

« Majoritairement la résidence des enfants est fixée chez les mères »

Pour les associations de défense des pères qui doivent être reçues par la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, et la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, le but sera de montrer le réel déséquilibre dans les décisions de justice. Car aujourd’hui, dans les ¾ des cas, les enfants partent vivre chez leurs mères. Hélène Poivey-Leclercq avocate, spécialiste du droit de la famille l’a constaté, la justice accorde plus la garde des enfants aux mères qu'aux pères. « Il y a un déséquilibre dans la mesure où majoritairement la résidence des enfants est fixée chez les mères, explique cette avocate sur RMC. Le reproche qu’on pourrait faire c’est de ne pas utiliser la loi dans toutes ses possibilités. La loi dit que le juge a la possibilité à titre expérimental de mettre en place la résidence alternée pour une durée de 6 mois. Mais ça les magistrats ne le font pas. Or, je pense que c’est un moyen de savoir si cela fonctionne et comment cela fonctionne ».

« Les décisions sont outrancièrement favorables aux mères »

Même constat pour Yann Vasseur président de l'association "SVP Papa". Pour lui, la justice privilégie les mères au détriment des pères dans les affaires de garde d'enfants. « Les décisions sont outrancièrement favorables aux mères au lieu de privilégié une résidence alternée, regrette-il. Peut-être que les femmes juges n’ont jamais eu la chance de rencontrer des pères capables de s’occuper de leurs enfants, c’est leur problème. On peut aussi se demander si les hommes juges ne sont pas un peu misogynes puisqu’en accordant systématiquement la résidence des enfants chez la mère, on peut se demander si cela ne veut pas sire : bobonne elle reste à la maison avec les enfants pendant que le père bosse et paye ».

Les 3/4 des enfants de couples divorcés vivent avec leur mère|||

D'après une étude de l'INSEE datant de mars 2011, 73,5% des enfants dont les parents sont séparés ont leur résidence principale chez leur mère.