Mobilisation massive contre le mariage gay, les débordements font polémique

Manifestation contre le mariage gay, dimanche 24 mars. - -
Le texte a déjà été adopté à l'Assemblée Nationale mais les manifestants souhaitaient faire pression sur le Sénat qui va l'examiner à partir du 4 avril et plus globalement s'opposer à la politique du gouvernement.
300 000 personnes (1,4 million selon les organisateurs) ont défilé, parmi lesquelles de nombreuses familles avec leurs enfants, mais aussi des personnalités politiques: Jean François Copé, Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Claude Guéant, Christian Jacob (UMP), Marion Maréchal Le Pen, Gilbert Collard (FN) entre autres. Certains étaient aussi venus crier leur ras-le-bol comme Henri : « Le gouvernement ne s’intéresse pas aux choses importantes de la France et en particulier au chômage, aux chômeurs et ils nous enfument avec des théories à la noix qui n’intéressent personne. Il y a un mouvement qui monte lentement mais fortement car il y a un ras-le-bol ».
Des casseurs de groupuscules d'extrême droite
Des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants qui tentaient de franchir des barrages de police interdisant l'accès à l'avenue des Champs-Elysées. Une vingtaine de casseurs de groupuscule d'extrême droite s'étaient en effet postés devant les CRS. L'un d'entre eux a envoyé un fumigène. Les forces de l'ordre les ont repoussés avec notamment des jets de gaz lacrymogènes.
« On est pas responsables de toutes les personnes qui viennent soit disant manifester et qui sont là pour casser », déplore Loïc du service de sécurité. Aucun blessé à déplorer hier soir selon la préfecture de police, mais quelques interpellations ont eu lieu. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé lundi que six gardes à vue avaient été entamées dimanche soir à la suite de 98 interpellations effectuées dimanche en fin d'après-midi.
Des organisateurs « débordés » ?
Laurent Wauquiez, député UMP de la Haute-Loire, a condamné l'usage de gaz lacrymogènes : « Il est inacceptable quels que soient les motifs d’envoyer des gaz contre des enfants. C’est juste le reflet de la violence avec laquelle le gouvernement traite ce mouvement, c’est inacceptable ». Pour Laurent Nunez, directeur de cabinet de Paris, l'usage de gaz était justifié : « Les policiers ont été confrontés à des manifestants qui ont tenté de forcer des barrages qui ont été disposés en parfait accord avec les organisateurs dans des endroits très précis pour se rendre sur un périmètre interdit. Les forces de l’ordre ont stabilisé la situation et n’ont fait usage de gaz aérosol que pour faire face à des comportements extrêmement agressifs ». Manuel Valls estime que les organisateurs « ont été débordés ».
« Une sorte de victimisation »
Pour Nicolas Gougain, porte-parole de l'inter LGBT, le mouvement contre le mariage gay se radicalise : « On a l’impression que les organisateurs découvrent ce que c’est que faire une manifestation. Les organisateurs étaient informés depuis le 22 février que les Champs-Elysées n’étaient pas disponibles et d’ailleurs tout organisateur sait que les Champs-Elysées ne sont pas disponibles pour organiser des manifestations. Dans cette manière de monter tout ça, il y a une sorte de victimisation pour justifier une radicalité de plus en plus importante ».












