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Mariage gay : de la rue au Conseil constitutionnel, l’opposition ne désarme pas

BFM M. Chaillot avec J. Droz et A. Roger
Alors que l'opposition a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, des manifestants sont descendus dans la rue peu de temps après l'adoption du texte.

Alors que l'opposition a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, des manifestants sont descendus dans la rue peu de temps après l'adoption du texte. - -

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Si le texte du mariage pour tous a été adopté par l’Assemblée nationale mardi, l’opposition a déjà déposé un recours devant le Conseil constitutionnel. Un recours qui n’a aucune chance de passer, estime-t-on dans la majorité.

D’ici le mois de juin, si tout se passe bien pour la majorité, les homosexuels pourront se marier. Mardi soir, le texte sur le mariage pour tous a été adopté par l’Assemblée nationale, et les défenseurs de la loi ont pu exprimer leur joie. Pourtant, l’opposition ne désarme pas et a immédiatement déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, pour faire censurer le texte. Mardi sur RMC dans Bourdin & Co, le professeur de droit constitutionnel à l’université d’Aix Marseille Didier Maus exprimait déjà ses doutes : selon lui, il est toujours possible que le Conseil décide de censurer une partie du texte, notamment sur l’adoption.

Le recours, « du lourd »

Pour Philippe Gosselin, député UMP de la Manche, tout est encore possible. « Vous savez qu’on a vu des grands textes, au final, qui n’ont pas été appliqués, parfois retirés, rappelle l’élu. Le recours sur le fond, c’est d’avantage d’espoir sur la partie adoption que sur le mariage stricto sensu pour des raisons qui tiennent à la filiation, qui tiennent aux modalités de l’adoption en France, bref, du lourd. On laissera le Conseil constitutionnel travailler sereinement, c’est mieux ainsi ».

« Rien susceptible d’être inconstitutionnel »

Mais le patron des députés PS à l'Assemblée Bruno Le Roux n’y croit pas. Pour lui, « rien ne semble, aujourd’hui dans ce texte, susceptible d’être inconstitutionnel », et le député de Seine-Saint-Denis est donc serein. « Le recours fait partie des armes que peut avoir l’opposition pour essayer d’empêcher la mise en œuvre d’une loi votée. Pour autant, nous avons veillé à ce que dans la procédure de l’examen de ce texte, dans sa forme, dans le fond, il ne puisse y avoir motif à quelconque inconstitutionnalité ».

« Ce n’est pas fini »

Si, comme le pense Bruno Le Roux, le Conseil constitutionnel valide le texte, les anti ne désarmeront pas pour autant. Mardi soir, déjà, deux heures après le vote solennel, les opposants au mariage homosexuel se sont réunis à quelques stations de métro de l'Assemblée nationale. « Ce n’est pas fini, ce n’est pas un échec, juge Hervé, un retraité qui a décidé de manifester. Le gouvernement campe sur ses positions, on est au début. Ça va durer des mois, des années peut-être, mais ça ne s’arrêtera pas. La rue a des choses à dire, le pouvoir écoute le peuple ou pas, mais on fera du bruit jusqu’à ce qu’il nous entende ».

« Nous sommes en plein totalitarisme »

Jean-Pierre aussi veut se faire entendre. « De nombreux textes adoptés n’ont pas été appliqués, il y en a des tonnes dans les placards de la République. Le texte du CPE, par exemple, a été voté, promulgué, puis retiré. Donc nous continuerons de manifester, parce que c’est le seul moyen qu’on ait. Aujourd’hui, on veut vite faire passer les trucs, le plus vite possible, on est devant un coup de force, nous sommes en plein totalitarisme. C’est mon devoir de manifester ».