La France veut s’ouvrir aux «talents étrangers»

La France veut attirer les étrangers créateurs de richesse - -
Les « talents étrangers » sont les bienvenus en France : c'est en gros le message que veut faire passer le gouvernement qui entend faciliter la délivrance des visas de circulation permettant à leur bénéficiaire de séjourner en France et dans l'espace Schengen 90 jours par période de six mois, sans avoir à demander un nouveau visa à chaque déplacement.
Attirer ceux qui veulent créer des emplois
Le but avoué du gouvernement est d’attirer les étrangers créateurs de richesse, ceux « qui veulent créer des emplois, développer des échanges, participer à l'effort de recherche ou de création artistique ». Parmi les immigrés de talent, la France espère compter sur son sol des hommes d’affaires, des universitaires, des scientifiques, des artistes ou encore des touristes ayant la France pour destination privilégiée. Avec de une telle mesure, Paris espère ainsi renforcer la politique d'attractivité de la France, confirmer la diplomatie économique et le redynamiser le secteur du tourisme. Cela correspond aussi à un engagement de campagne de François Hollande, et aux orientations de ces derniers discours, à Dakar ou encore à Moscou.
Le précédent gouvernement de droite avait, à l'inverse, envisagé de durcir la délivrance de ces visas de court séjour, considérés comme « un passeport pour la clandestinité ». Un débat sans vote aura lieu en avril au Parlement sur l'immigration professionnelle et l'accueil des étudiants.
« Ne pas cultiver pas l’espace francophone et c’est ailleurs que se feront les relations stratégiques »
Selon Pouria Amirshahi député PS des Français de l'Étranger, secrétaire de la commission des affaires étrangères, il est dangereux de ne pas ouvrir les frontières françaises aux talents du monde entiers. « Si on ne cultive pas l’espace francophone, la mobilité de ces étudiants, chercheurs ou encore chefs d’entreprises, demain ce ne sera plus en français ni en France que se feront les relations stratégiques et commerciales. Il faut des allers-retours et des échanges entre universitaires, entre tous ceux qui font la société civile des deux côtés de la méditerranée. Regardez ce qu’il se passe au Mali et au Sahel. On veut que cela s’arrête ou que ça continue ? Si on veut que ça s’arrête, on s’en donne les moyens ».
« En France l’immigration de travail ne représente pas grand-chose »
Pour Jean-Pierre Garson spécialiste en économie des migrations, rater le coche sur de telles mesures est risqué car la France n’est pas en avance sur l’attractivité des talents étrangers. « On se bat contre des pays qui attirent des talents car ils ont déjà depuis longtemps activé cette politique, comme le Canada, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. L’obtention d’un visa ne doit plus être un élément bloquant. Après, dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France est un des rare pays dans lequel l’immigration de travail ne représente pas grand-chose. Ce n’est pas avec 4% de la population active que vous allez augmenter le taux de croissance de la France ».












