La construction du nouveau crématorium sème la discorde entre Paris et ses villes voisines

Le crématorium du Père Lachaise est déjà complet - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
C’est un dossier qui vire au casse-tête. Alors que la mairie de Paris vient de lancer un appel d’offres comprenant la construction d’un nouveau crématorium porte de la Villette en 2023 et la gestion de celui existant au Père Lachaise, elle se heurte à la contestation des villes voisines situées à l’est de la capitale, rapportent Les Échos.
Les élus d’Aubervilliers et de Pantin notamment ont clairement fait savoir leur opposition au projet. Le vote d’un texte des élus du conseil territorial d’Est Ensemble sommant la capitale de renoncer a même eu lieu en septembre. Une pétition a également été lancée.
"Ce projet conforte les banlieues populaires de l’est parisien comme premiers territoires d’accueil des équipements générateurs de nuisances", écrivent les auteurs du texte voté par les élus. Ces derniers dénoncent notamment la pollution déjà particulièrement élevée sur le site porte de La Villette. Et l’édifice provoquerait, selon eux, l’arrivée de "700 véhicules supplémentaires par jour". "Les riverains ont le droit d’espérer un meilleur projet pour leur quartier", ajoutent-ils.
Un "bâtiment de 3000 mètres carrés"
Initialement, douze sites avaient été présélectionnés, parmi lesquels le Bois de Boulogne, la porte Pouchet ou encore le 16e arrondissement. Mais c’est finalement sur la porte de la Villette que la mairie de Paris a jeté son dévolu. Et malgré les contestations de certains élus, Pénélope Komitès, l’adjointe à la maire de Paris en charge du dossier, ne semble pas vouloir faire marche arrière.
"Je sais que les sujets liés à la mort sont très sensibles. Mais nous faisons tout ici pour créer un projet de qualité, qui participera de la reconquête de ce territoire. L’appel d’offres prévoit de créer un bâtiment de 3000 mètres carrés, pas très haut et d’une très grande qualité architecturale, dans un écrin de verdure de 7000 mètres carrés", fait valoir l’élue parisienne. Selon Les Echos, une étude sanitaire ainsi que des normes plus strictes en matière de rejets sont également prévus par l’appel d’offres.
Pas de crématorium dans le cimetière de Pantin
Les élus d’Est Ensemble ont tout de même demandé à la mairie de Paris de construire le crématorium dans l’actuel cimetière de Pantin. Une demande qui n’a pas été acceptée, Pénélope Komitès rappelant que les cimetières parisiens manquent déjà de place.
Reste que la construction du nouveau crématorium, inscrite dans le programme de la candidate Anne Hidalgo en 2014, semble indispensable. En effet, comme le rappellent Les Échos en citant un baromètre réalisé pour les services Funéraires de la ville de Paris, 35% des Français ont recours à la crémation et 60% l’envisagent à l’avenir. Un chiffre qui serait compris entre 40 et 50% à Paris, alors que le crématorium du Père Lachaise arrive déjà à saturation.












