Handicap : les assistants sexuels priés de se rhabiller

Le Comité national consultatif d'éthique estime que les assistants sexuels pourraient être comparés à de la prostitution. - -
Peut-on être handicapé et avoir une sexualité épanouie ? Si la réponse est oui, cette même sexualité ne doit pas passer par les assistants sexuels, estime le Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Les assistants sexuels, des travailleurs du sexe ayant reçu une formation spécifique permettent aux personnes lourdement handicapées de vivre une sexualité dans certains pays, comme la Suisse ou l’Allemagne, sont interdits en France. Et dans un avis publié lundi, le CCNE pointe du doigt un risque important de marchandisation du corps humain et donc de dérive. Dans ses conclusions, le comité encourage plutôt une formation du personnel soignant pour « faciliter les relations physiques entre personnes handicapées ou l'accès à des moyens mécaniques ». Pas suffisant, affirment les associations pour qui il ne s’agit pas de prostitution. Mais dans la loi, mettre en relation une personne se prostituant et une personne utilisant ses services est assimilée à du proxénétisme et donc interdite.
« Les personnes en situation de handicap sont d’abord des êtres humains »
Pascale Ribes, présidente de l'association CH(s)OSE, qui milite pour une vie affective et sexuelle des handicapés, estime que l’avis du CCNE est « manifestement partial et partiel » et ne règle pas le problème. « Il ne propose rien à ces personnes-là. En gros, il dit qu’il faut laisser les personnes en situation de handicap avec leurs frustrations parce qu’il y aurait le risque d’en rajouter d’autres avec l’assistance sexuelle. Là, on découvre que finalement, les personnes en situation de handicap sont d’abord des êtres humains, donc sexués, et donc forcément avec des besoins ».
« J’ai vu ce que j’ai pu leur apporter »
Ces besoins, Jill Prévot les a assouvis. Ex-escort girl, elle a été assistante sexuelle pendant un peu plus d'un an, en France, et en toute clandestinité. « Un jour, un monsieur m’a téléphoné en me disant "j’aimerais vous rencontrer, mais je suis handicapé". Eh bien oui, ce n’est pas grave, il n’y a pas de problème !, raconte-t-elle sur RMC. C’est sûr, ça ne ressemblait pas à un film porno, c’était beaucoup plus technique, et beaucoup plus sensuel. J’ai vraiment vécu des rencontres avec des personnes en demande, j’ai vu ce que j’avais pu leur apporter, ils me l’ont dit. C’est un simple fait, pour des personnes valides comme handicapées : quand on est bien dans sa sexualité, on est bien dans sa vie. J’ai adoré faire ça ».












