Gilets jaunes: à quoi s'attendre pour le 16e samedi de mobilisation?

Les gilets jaunes dans les rues de Bordeaux le 15 décembre 2018. - GEORGES GOBET / AFP - -
Ils étaient 46.000 samedi dernier, soit 5.000 de plus que lors du 14e week-end de mobilisation. Malgré cette légère hausse de la mobilisation, les gilets jaunes ne sont plus aussi nombreux qu'au début de la contestation, il y a trois mois et demi. Pourtant, ces derniers espèrent profiter du mois de mars pour relancer durablement le mouvement. Sur les groupes Facebook dédiés aux revendications - toujours très actifs - plusieurs événements sont prévus pour ce 16e samedi de manifestation.
2 manifestations déclarées à Paris
Comme tous les samedis depuis le 17 novembre, Paris sera le point central de la contestation. Une première manifestation est prévue entre 12 h 30 et 18 heures, des Champs-Élysées à la place Denfert-Rochereau, a-t-on appris de la préfecture de police de Paris ce vendredi soir. Une deuxième manifestation est prévue dans le même secteur.
Les manifestants sont appelés à se rassembler à 11 heures place Charles-de-Gaulle, à l'angle de l'avenue des Champs-Élysées. Ils partiront ensuite vers 12h30 en direction de la place Clément Ader, dans le 16e arrondissement. La dispersion est prévue pour 15 heures.
Quatre rassemblements ont également été déclarés à la préfecture: un sur l'avenue des Champs-Élysées, à l'angle de l'avenue de Friedland entre 10 et 17 heures; place du Maréchal Juin, à l'angle du boulevard Pereire entre 10 et 19 heures; ainsi que deux autres place de la République entre 14 et 22 heures, selon la préfecture.
- Sur Facebook, l'événement le plus suivi s’intitule: "Gilets Jaunes acte 16: insurrection". Il rassemble près de 5.000 personnes "intéressées" et leurs organisateurs prônent un "retour aux sources en ne déclarant pas les manifs" pour retrouver "ce côté qui fait peur au gouvernement".

Un autre événement organisé sur le réseau social, "Acte 16: Gilets Jaunes unis: on lâche rien" compte environ 2.000 personnes intéressées. Dans un long texte, les organisateurs précisent que ce rassemblement sera quant à lui déclaré en préfecture. Comme les membres du groupe "Gilets Jaunes acte 16: Insurrection", ils se donnent tous rendez-vous à l’Arc de Triomphe, qu’ils appellent à "occuper le plus longtemps possible". Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", une des figures controversées du mouvement, a annoncé qu’il manifesterait à Paris ce samedi.
Un rassemblement "international" à Lille
Pour ce 16e samedi de mobilisation, les gilets jaunes devraient également se retrouver à Lille, dans les Hauts-de-France, pour un rassemblement "régional et international". Si le gilet jaune Eric Drouet n’a pas encore indiqué où il comptait défiler ce samedi, ce dernier a cependant partagé sur son groupe Facebook l’événement "Acte 16: l’Europe à Lille", qui appelle à converger vers la ville du nord.
Les organisateurs, qui ont pris soin de traduire leur propos en anglais et en allemand, invitent les Gilets jaunes venant de "Belgique (de Flandre et de Wallonie), Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas et Nord de l'Allemagne, à se rassembler à Lille. Les administrateurs de cette page invitent également les gilets jaunes de "Strasbourg, Marseille et Toulouse" à "appeler à des manifestations régionales et internationales pour l'acte 16. Leur but? Ramener les gilets jaunes “d’Allemagne et du Grand Est à Strasbourg, d'Espagne, de Catalogne et d'Occitanie à Toulouse, ainsi que les gilets jaunes d'Italie, de Corse et de la région Paca à Marseille".
- "Notre lutte est internationale. Partout dans le monde, les Gilets jaunes triompheront", écrivent-ils.

Une assemblée citoyenne à Bordeaux
Après plusieurs samedis de contestation à Bordeaux, ils étaient moins nombreux la semaine passée dans la capitale de Gironde. Selon les chiffres de la préfecture, 3500 personnes étaient présentes, contre 5000 lors de la manifestation précédente, le 16 février. Samedi après samedi, la ville était devenue un foyer de vives tensions, qui semblaient être un peu retombées la semaine dernière. L’événement "Acte 16: samedi 2 mars à Bordeaux", recensait, vendredi à la mi-journée, 1700 personnes intéressées.
Le rassemblement doit débuter par un pique-nique place de la Bourse, puis le cortège partira vers 14 heures et devrait durer trois heures. À 17 heures se tiendra une assemblée citoyenne place de la Bourse ou place de l’Opéra.
- Une "marche noire" prévue à Lyon
Un autre événement Facebook compte plus de 5500 "intéressés", intitulé "Acte 16: mobilisation régionale à Lyon". Le rendez-vous est donné devant le palais de justice de Lyon, et toute la région Auvergne-Rhône-Alpes est invitée à s’y joindre. Le groupe "Acte XVI LYON Gilet Jaune toute la région à LYON", appellent de son côté toutes les catégories socioprofessionnelles, les "hommes et femmes de tous milieux" à une marche noire.
Le dress code: se "vêtir de noir symbole du deuil de son avenir promis au mépris et à l'obscurantisme".
Samedi dernier, des tensions avaient éclaté lors de la mobilisation lyonnaise. Au total, 21 personnes avaient été interpellées dans le centre-ville. Parmi eux, sept manifestants - dont quatre mineurs - ont été déférés ce lundi pour des faits de dégradations sur un véhicule de police ou encore des violences volontaires sur les forces de l'ordre.
Interdiction de manifester à Rennes
Ce jeudi, la préfète de Rennes a quant à elle annoncé qu'elle a pris un arrêté d'interdiction de manifester à l'approche du 16e samedi de mobilisation des gilets jaunes. Invitée de France Bleu, Michèle Kirry a dénoncé le "déchaînement de violence" qui a lieu lorsque les gilets jaunes organisent leur mobilisation nationale hebdomadaire.
Dans son collimateur, les "individus porteurs d'armes, des primo délinquants, des jeunes de la mouvance de l'ultragauche, des manifestants qui cherchaient le corps-à-corps avec les policiers", à Rennes comme ailleurs, le 23 février. "Leur seul but était de détruire, blesser, voire tuer", a-t-elle ajouté. Le cabinet de Michèle Kirry a précisé jeudi à BFMTV.com que cet arrêté concernait l'"hyper centre ville", selon les mêmes modalités "que les semaines précédentes".












