Menace terroriste: des bippeurs anti-intrusion distribués dans les écoles d'Aix-en-Provence

Un boîtier gris surmonté d'un bouton orange, voilà à quoi ressemble le bippeur distribué aux instituteurs ainsi qu'au personnel du périscolaire de la ville d'Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, en cas de toute forme d'intrusion dans un établissement scolaire. En phase d'alerte, un clic et la police municipale est immédiatement avertie par deux SMS. "L'alarme est tellement forte qu'elle va sécher sur place les intrus!", s'enthousiasme Brigitte Dévésa, adjointe au maire d'Aix-en-Provence.
Un budget bippeurs de plus de 100.000 euros
Le nouveau dispositif, propre à chaque école et mis en oeuvre par la mairie Les Républicains, s'inscrit dans le cadre des préconisations du ministère de l'Education nationale en matière d'alerte attentat, notamment après l'attaque terroriste de Nice de juillet dernier. "Nous avons mené une réflexion avec les ingénieurs et les techniciens de la Ville pour mettre à disposition un outil de sécurisation des écoles [gérées par la mairie contrairement aux collèges et lycées, Ndlr], explique l'élue. On a parlé de portables, d'applications mais très rapidement on s'est dit que les systèmes d'alarme maison fonctionnent bien".
En tout, ce sont 800 bippeurs anti-intrusion qui ont été répartis par lots de 10-12 parmi les 74 écoles de la Ville pour un budget total de 107.981 euros, en plus des 52.000 euros attribués au réaménagement des établissements scolaires. Ces 160.000 euros cumulés représentent 13% du montant annuel d'entretien des écoles. Un budget conséquent, mais que la mairie assume: "La sécurité est une priorité pour Madame le maire et son équipe." Si aucune réflexion n'a pour le moment été menée pour les lycées de la ville, le département se pencherait, lui aussi, sur un processus de sécurisation renforcé des collèges.
Un premier bilan à la Toussaint
Le Snuipp, principal syndicat du primaire interrogé par France 3 Provence-Alpes, semble préoccupé par le côté anxiogène du dispositif, ce dont se défend Brigitte Dévésa: "La situation actuelle et ce qui nous est retranscrit par l'actualité est déjà très anxiogène. Un bippeur ne peut pas rajouter de l'angoisse mais permet au contraire d'être rassuré".
Les parents, de leur côté, semblent partagés. Si la mère d'un enfant scolarisé dans une école de Nice, interrogée par BFMTV, estime que "pour la sécurité de ses enfants il n'y en a jamais trop", d'autres semblent plus sceptiques: "C’est mieux que rien, mais pas de protection à 100%, quelqu'un de déterminé qui voudra s’introduire quelque part, je pense qu’il y arrivera", confie à l'antenne un autre parent d'élève.
Le dispositif, actuellement en phase de test, sera évalué lors d'un premier bilan fin octobre, début novembre, au cours des vacances de la Toussaint. Il devrait également faire l'objet d'une mise en situation en plus des trois autres prévues initialement par le ministère de l'Education nationale.











