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EDITO - "La France insoumise tente de récupérer la grogne des étudiants"

BFM Christophe Barbier
Des graffitis à la fac de Tolbiac à Paris, le 11 avril 2018.

Des graffitis à la fac de Tolbiac à Paris, le 11 avril 2018. - STR / AFP

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Pour Christophe Barbier, le noyau dur de la contestation étudiante contre la réforme de l'université est idéologisé et la France insoumise tente de l'utiliser.

"Le noyau dur de la contestation étudiante est idéologisé"

Alors que le mouvement de contestation étudiant contre la réforme de l'université se poursuit, entraînant le blocage et l'évacuation de plusieurs universités, Emmanuel Macron a estimé jeudi sur TF1 que les blocages étaient dus à des "agitateurs professionnels". "Je constate quand même que dans beaucoup d'universités occupées, ce ne sont pas des étudiants mais des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre", a-t-il déclaré. Pour Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV, ce mouvement de grogne est effectivement en parti idéologisé. 

"Emmanuel Macron a en partie raison. C’est vrai qu’on voit bien qu’autour du noyau dur groupusculaire il y a une pulpe étudiante un peu molle mais le noyau dur est idéologisé. Il y a un effet zadiste, la ZAD urbaine, voilà ce que Tolbiac cherche à créer, il y a quelques casseurs, on les a vus hier près de la Sorbonne.
Mais il y a aussi, et je pense que c’est ce que visait Emmanuel Macron, une tentative par la France insoumise de récupérer le mouvement voire de l’agiter. Eric Coquerel s’est rendu à Tolbiac et on ne cache pas du côté des mélenchonistes qu’on comptait beaucoup sur ce mouvement étudiant pour prendre le relais de l’agitation de l’automne et qu’on essayait de souffler sur les braises. Rappelez-vous, Jean-Luc Mélenchon s’était rendu à Nuit Debout, il avait été spectateur, il était plein d’espoir mais il voyait bien que ce mouvement sympathique il n’arrivait pas à l’attraper, à le faire bouillir. Là cette fois-ci ils ont l’impression d’avoir quelque chose qui marche mieux mais pour l’instant c’est limité.
Attention, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un vrai malaise étudiant, du fait des orientations compliquées et des facs bondées."