Urgences: le nombre de passages de retour à la période pré-Covid après une forte chute pendant 3 ans
Le rapport de l'Igas sur la mort de Lucas en octobre 2023 aux urgences de Hyères pointe le retard mis par le service à diagnostiquer la pathologie dont souffrait le jeune homme - LOIC VENANCE © 2019 AFP
Un retour à des chiffres similaires à la période pre-Covid-19. Comme l'a fait savoir la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) dans un communiqué publié ce jeudi 12 décembre, les passages aux urgences sont désormais supérieurs à avant la crise sanitaire du coronavirus dans un quart des départements français.
Selon ce document, basé sur une étude qui analyse les passages aux urgences entre 2013 et 2023, après une explosion des visites aux urgences entre 1996 et 2019 (de 10,1 millions à 22 millions annuelles), cette progression a ralenti à partir de 2016 avant de chuter à 18,1 millions en 2020 en raison de la crise sanitaire. Ce recul avait notamment été marqué lors des différents confinements.
Or, à partir de mai 2021, un retour progressif au niveau d’avant-crise est à noter et, après un nouveau rebond en 2022, les passages ont diminué en 2023 pour revenir à un niveau proche de 2017 (20,9 millions), apprend-on.
Disparités
De plus, cette augmentation est à nuancer par une diversité des situations au niveau des départements et par un nombre de patients parfois extrêmement variable d’un jour à l’autre.
De fait, les passages aux urgences en 2022 et 2023 sont au-dessus de ceux de la période 2017-2019 dans un quart des départements, et parfois chaque mois de ces deux années (dans le Gard, la Haute-Garonne et la Haute-Saône).
"Dans l'Ain, en Ille-et-Vilaine et dans le Lot, ils sont supérieurs à cette référence plus de 21 des 24 mois de cette période. Certains départements tels que le Pas-de-Calais et la Lozère ont ponctuellement enregistré des hausses de plus de 20 % sur certains mois de 2023 par rapport au niveau d’avant la crise", est-il expliqué dans le communiqué de la Drees.
En outre, le lundi est le jour le plus chargé dans 92 départements avec une activité journalière supérieure de 11 % à celle des autres jours. Certains départements des Alpes, de la Corse, des façades atlantiques et méditerranéenne, ainsi que d’Île-de-France présentent cette saisonnalité très marquée.
Crise
Enfin, il est également noté que ces augmentations sont à inscrire avec la grave crise que connaît le monde hospitalier et les urgences depuis de longues années. Entre le 13 mars et le 13 juin 2023, 8 % des points d’accueil des urgences ont en effet fermé temporairement et 23 % ont instauré un accès régulé, en permanence ou sur certains créneaux horaires.
"La fermeture d’au moins un point d’accueil des urgences a concerné 35 départements, mais dans plus des trois-quarts de ces cas, les services fermés représentaient moins de 18 % des passages départementaux de 2022", est-il encore noté.
Lors d'une allocution tenue en avril 2023, la première depuis la promulgation de la réforme des retraites par son gouvernement, Emmanuel Macron avait promis de désengorger les services d'urgences d'ici la fin de l'année 2024. Une annonce ambitieuse que de nombreux soignants avaient jugé "impossible."











