Sida: la petite fille "guérie" a été testée à nouveau séropositive

Le ruban rouge, symbole de la lutte contre le virus du sida. - -
La déception est à la hauteur de la découverte, immense. En mars 2013, le cas d'une petite Américaine née séropositive, mais qu'un intense traitement aux antirétroviraux avait apparemment permis de guérir du VIH, avait soulevé de nombreux espoirs, lançant l'idée que l'on pouvait bel et bien "guérir" du sida.
La petite fille, âgée de 4 ans, est née dans le Mississippi (sud) d'une mère infectée par le VIH. Elle avait reçu des antirétroviraux moins de 30 heures après sa venue au monde, beaucoup plus tôt que ce qui est normalement fait pour les nouveaux-nés à haut risque d'être contaminés.
Elle avait été traitée jusqu'à 18 mois, âge à partir duquel les médecins avaient perdu sa trace pendant dix mois et durant lesquels elle n'avait eu aucun traitement. Aucun des tests sanguins effectués ensuite n'avait détecté la présence du VIH. Or jeudi, des chercheurs ont annoncé que le virus avait réapparu chez la fillette.
Du VIH détecté dans son sang
Un test de routine au début du mois a révélé que la fillette avait des niveaux détectables du VIH dans le sang, associés à une quantité moindre de lymphocytes et à la présence d'anticorps qui prouvent que le VIH a fait sa réapparition.
"Généralement, lorsque le traitement est arrêté, les niveaux de VIH remontent en quelques semaines et non en quelques années", explique Deborah Persaud, spécialiste des maladies infectieuses au centre pédiatrique Johns-Hopkins à Baltimore, près de la capitale américaine Washington. Du coup, le cas de cette fillette est, d'après elle, "sans précédent".
"C'est bien évidemment un rebondissement très décevant pour l'enfant, les médecins impliqués dans son traitement et les chercheurs spécialisés dans le VIH/sida", a regretté Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (NIAID).
Une énigme pour la science
Selon le Dr Fauci, la petite fille, dont l'identité n'a pas été révélée, est de nouveau soumise à des antirétroviraux et se porte bien.
"Le cas de cet enfant du Mississippi montre que le traitement précoce aux antirétroviraux n'a pas complètement éradiqué le réservoir de cellules touchées par le VIH. Mais il pourrait avoir considérablement limité son développement et permis d'éviter qu'elle prenne des antirétroviraux pendant une longue période", a-t-il expliqué.
Les chercheurs vont maintenant tenter de comprendre comment la petite fille a pu connaître une rémission, puis la réapparition du VIH dans son corps, selon lui.











