Pollution de l’air: des pics de fréquentation aux urgences les jours de grève des transports

La ville de Lyon lors d'un épisode de pollution en décembre 2016. - Philippe Desmazes. - AFP
Dans les grandes villes, les seuils d’exposition au-delà desquels la pollution est considérée comme nuisible par l’organisation mondiale de la santé (OMS) sont très souvent dépassés. L’Insee a regardé de près les effets directs et indirects des perturbations dans les transports en commun un jour de grève. L’étude porte sur les dix plus grandes aires urbaines françaises (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes). Lors d’une grève, une partie de la population se tourne vers le transport automobile, ce qui accroît la pollution de l’air le jour même mais aussi les jours suivants.
La concentration en particules fines dans l’air augmente
Dans les villes étudiées, le temps de parcours automobile sur une distance donnée est plus élevé de 7% en moyenne lors d’une grève dans les transports en commun, ce qui ne se constate ni la veille, ni les deux jours suivants. Les temps de parcours reflètent la congestion sur le réseau routier. Preuve supplémentaire d’une circulation accrue un jour de grève, le nombre de véhicules enregistrés par les principales stations de comptage en périphérie immédiate des aires urbaines est plus important lors du pic matinal de circulation (de 6 heures à 9 heures) qu’un autre jour.
Résultat: un jour de grève et les deux jours suivants, le niveau de concentration de plusieurs polluants est significativement plus élevé qu’un jour "standard".
Effet néfaste à court terme de la pollution automobile
Dans les hôpitaux, les admissions aux urgences pour affections aiguës des voies respiratoires supérieures (pharyngite, laryngite, etc.), sont significativement plus nombreuses le jour de la grève (+ 0,3 admission par million d’habitants, par rapport à un niveau moyen de 0,8 admission par million d’habitants un jour "standard").
Le lendemain, les admissions aux urgences pour anomalies de la respiration sont plus nombreuses que d’accoutumée (+ 0,2 admission par million d’habitants). Cette augmentation des admissions permet de conclure "à l’effet néfaste, à court terme, de la pollution automobile sur la santé respiratoire".











