Moins de Covid, plus d'accidents: les principales causes de mortalité des Français en 2022

Le service des urgences de l'hôpital de Mulhouse, le 16 janvier 2023 (photo d'illustration). - SEBASTIEN BOZON
Le cancer toujours largement en tête, le Covid en baisse. En 2022, le cancer reste la première cause de mortalité des Français, étant à l'origine de plus d'un quart (25,5%) des morts. Les accidents sont par ailleurs en hausse, tandis que le nombre de morts liés au Covid connaît une baisse, deux ans après le début de la pandémie, selon des données qui paraissent ce mardi 8 octobre.
Au total, 673.190 personnes ont perdu la vie dans l'Hexagone au cours de l'année 2022. Un chiffre en légère hausse par rapport à l'année précédente (660.169), mais aussi plus élevé qu'en 2020 (667.500), deux années pourtant marquées par la pandémie de Covid.
Ces conclusions sont issues de deux études menées par la Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (DREES), le Centre d’épidémiologie des causes médicales de décès de l’Inserm (CépiDc-Inserm) et Santé Publique France.
Elles s'appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par le CépiDc de l’Inserm à partir du recueil exhaustif et de l’analyse des volets médicaux des certificats de décès.
Le cancer à l'origine d'un quart des morts en 2022
En 2022, le cancer a été responsable à lui tout seul de plus d'un quart des décès (25,5%), un taux particulièrement élevé.
Sur ces dernières années, il suit cependant une tendance en légère baisse, puisqu'en 2021, les tumeurs avaient été à l'origine de 25,7% des décès. Chez les femmes, la mortalité liée au cancer reste stable cependant.
Globalement, les décès liés à un cancer concernent des personnes à la moyenne d'âge plus basse que pour les autres causes de décès.
Un taux d'AVC et d'infarctus plus élevé qu'attendu
Après les tumeurs, viennent en deuxième position les maladies cardio-neurovasculaires, à l'origine de 20,8% des décès. Parmi ces maladies, on recense les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les insuffisances cardiaques ou encore les infarctus du myocarde.
Ces maladies sont la première cause de mortalité chez les plus de 85 ans et augmentent chez les femmes. Globalement, elles touchent des personnes plus âgées que pour les cancers.
Les chiffres recensés en 2022 se révèlent plus élevés qu'estimés par les médecins dans leurs projections, avant que ne survienne la crise sanitaire.
Le Covid désormais 5e cause de décès
Bonne nouvelle en revanche concernant le Covid, les décès liés à cette maladie sont en baisse, après deux ans de pandémie. En diminuant d'un tiers, elle passe de la troisième cause de décès à la cinquième en l'espace d'un an.
"Ce recul pourrait s’expliquer en grande partie par l’atteinte d’une immunité collective élevée au niveau national comme international (couverture vaccinale large, moindre virulence des variants)", estiment les auteurs des études.
Les morts liées à des maladies de l'appareil respiratoire, hors Covid, sont en revanche en forte en hausse et sont désormais à égalité avec les décès liés à des maladies cardio-neurovasculaires. En cause? Peut-être les deux épidémies de grippe et la forte circulation de plusieurs virus, selon les scientifiques.
Le troisième âge est principalement touché par ces affections, puisque la moitié des décès comptabilisés concernent des personnes âgées d'au moins 86 ans.
Les accidents augmentent
Enfin, les décès liés à des "causes externes", c'est-à-dire principalement des accidents, sont en hausse. Ils atteignent maintenant le niveau des maladies de l'appareil respiratoire, hors Covid, soit 6,7% des décès.
Là aussi, la tendance est bien plus élevée que celle estimée par les spécialistes avant la crise sanitaire, une première depuis 2020. Plus inquiétant, la hausse est généralisée à toutes les classes d'âge, même si elle est plus marquée chez les plus de 85 ans, victimes de chutes et d'accidents domestiques.
Par ailleurs, les maladies endocriniennes telles que le diabète ou l'hyperthyroïdie, ainsi que les maladies de l'appareil digestif sont en augmentation, inversant la courbe de leur évolution.











