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Les fonctionnaires pourront donner des RTT à leurs collègues dont l'enfant est malade

BFM J.S
Tant que la loi

Tant que la loi - Valery Pache - AFP

Alors que leur fille n'a plus qu'un an à vivre, Régis et Isabelle ont dû se mettre en arrêt maladie. La loi Mathys, qui permet aux employés du privé de donner leurs RTT aux parents d'enfants malades, ne s'étend pas encore au secteur public, mais le ministère de l'Intérieur et celui de la Fonction publique auraient "trouvé un arrangement pour qu'ils ne soient pas pénalisés".

Pas de dons de RTT entre collègues dans le public, enfant malade ou pas. Un couple de policiers, Régis et Isabelle, se trouve ainsi dans l'impossibilité de profiter du soutien de leurs collègues pour rester au chevet de leur fille, Charline, 5 ans, atteinte d'un cancer incurable et à qui les médecins ne donnent qu'un an à vivre.

Pourtant, "Il y a énormément de collègues qui veulent faire preuve de solidarité avec nous", rappelle Régis, au micro de RTL. Mais si la loi Mathys, promulguée le 9 mai 2014, permet le don de RTT entre collègues, pour qu'ils puissent s'occuper de proches de moins de 20 ans malades, les fonctionnaires ne peuvent pas faire de même pour l'instant. 

"Les modifications du statut des fonctionnaires donnent lieu à de nombreuses concertations, qui sont inévitables", expliquent le ministère de la Fonction publique. Alors que Régis demande à la ministre, "Marylise Lebranchu, de prendre trente secondes pour sortir son stylo et lancer la machine", le ministère explique que la ministre a essayé d'accélérer le processus. "Il devrait être voté, les partenaires sont pour, et sera appliqué en mai", détaille-t-il.

"On payera le prix qu'il faudra"

Pour l'instant, Régis et Isabelle sont donc obligés de se déclarer en congé maladie, et sont suivis par un psychiatre qui les a déclarés en dépression. "Je ne me vois pas aller travailler en me disant qu'elle peut partir à chaque instant", explique Régis. "Quand les médecins annoncent cette pathologie-là, ils disent, profitez, profitez de votre enfant", raconte-t-il, en expliquant qu'il a d'ailleurs le "soutien de la hiérarchie".

Régis, de son côté, est prêt à subir les conséquences de ses congés maladie: " On payera le prix qu'il faudra, il faudra qu'on passe par des commissions, des mi-temps et des démarches absurdes", regrette-t-il. Depuis, la mobilisation autour de son témoignage a poussé le ministère à "trouver un arrangement avec le ministère de l'Intérieur pour qu'il ne soit pas pénalisé", annonce le ministère de la fonction publique.