BFM

Journée nationale de l'audition: dans les grandes villes, le seuil sonore idéal souvent dépassé

BFM H. M. avec Philippe Gaudin et Sébastien Savoye
placeholder video
Un environnement trop bruyant peut entraîner des problèmes d'audition, mais également du stress et de la fatigue. Les grandes villes ont donc pour mission de réduire leur pollution sonore.

Jeudi 10 mars, c'est la Journée nationale de l'audition. À cette occasion, l'association du même nom veut sensibiliser les Français aux risques auxquels ils exposent chaque jour leurs oreilles.

Les problèmes d’audition, de stress et de fatigue sont en effet de plus en plus fréquents, et le bruit ambiant dans lequel nous vivons n’y est pas pour rien. Voilà pourquoi certaines grandes villes ont fait de la lutte contre le bruit une de leurs priorités.

Dans la capitale, c'est Bruitparif qui est chargé d'évaluer le niveau sonore ambiant.

"On a une cinquantaine de stations de surveillance du bruit, des stations qui tournent en continu, révèle Mathieu Sineau, responsable du laboratoire Bruitparif. On mesure le bruit toutes les secondes, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24."

Mathieu Sineau est ce que l'on pourrait appeler un "chasseur de bruit". Régulièrement, il sillonne la ville pour effectuer des relevés ponctuels, à l'aide d'un sonomètre. Le niveau sonore confortable pour nos oreilles se situe autour de 60 décibels. Mais dans les grandes villes, il dépasse bien souvent ce seuil.

Dans un café, Mathieu Sineau peut ainsi relever des niveaux sonores de l'ordre de 65 à 70 décibels. Dans la rue, cela peut même monter jusqu'à 75. 10 décibels supplémentaires, cela peut sembler anecdotique, et pourtant cela suffit à doubler notre ressenti sonore.

Enjeu de santé publique

Pour mieux comprendre ces nuisances, les bruits les plus marquants sont enregistrés, et analysés en laboratoire. "Ce sont souvent les bruits événementiels, les pics de bruit, qui gênent", explique Fanny Mietlicki, la directrice de Bruitparif. Le niveau sonore d'un passage d'avion qu'elle étudie a par exemple atteint 78 décibels.

À partir de l'analyse de ces données, les grandes villes françaises ont pour mission de réduire leur pollution sonore dans les prochaines années. Il en va en effet de la santé publique.

"On sait que quelqu'un qui est soumis à un bruit permanent va augmenter son rythme cardiaque, prévient Philippe Metzger, audioprothésiste et secrétaire général de l'association Journée de l'audition. Le bruit augmente le stress, et augmente la fatigue."

Il est même possible pour les habitants de participer eux-mêmes à cette cartographie du bruit en ville, via une application développée par l’Institut national de recherche dédié au numérique (Inria) et soutenue par la mairie de Paris. Elle devrait être bientôt disponible pour d'autres grandes villes.