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Hypocondriaque, il voyait le moindre bouton comme un "potentiel cancer"

BFM Pierjean Poirot avec Margaux de Frouville et Julie Dubois
Dans la peau d'un ancien hypocondriaque

Dans la peau d'un ancien hypocondriaque - BFMTV

Après avoir souffert pendant des années d’hypocondrie, Christophe Ruaults va mieux. Cet ancien obsédé par sa santé raconte comment cette maladie lui a gâché la vie. Et comment il s’en est sorti. Témoignage.

Au milieu de ses nombreux scanners, Christophe Ruaults se souvient de ses années douloureuses. "Je pense qu’il doit y avoir tous mes organes parmi tous ces examens", en rit-il aujourd’hui. Des contrôles à répétition, jusqu’à quatre visites par semaine chez le médecin, l’homme était mal dans sa peau. Le moindre petit bouton pouvait être source d’inquiétude. "C’était forcément le mélanome et le cancer de la peau. La migraine ou le petit mal de tête? C’était l’anévrisme qui se profilait. Tout prend une proportion incroyable. On imagine immédiatement le pire", raconte cet ancien hypocondriaque.

"Au moment où l'on est convaincu que l’on a quelque chose de grave, on ne pense plus qu’à cela. C’est obsessionnel. On se referme sur soi-même. C’est comme des mini-dépressions successives."

Moqué, vous devenez infréquentable. Le cercle vicieux vous tombe dessus. Dans la vie privée (et amoureuse), ce n'est pas mieux. L'hypocondriaque se sent obligé de dire à l'être aimé que la moindre entorse à l'hygiène est cause de divorce et le convaincre que le quatorzième coup de fil à SOS Médecins n'est pas du cinéma.

La page tournée

Depuis sa plus tendre enfance, cette maladie est "sa meilleure ennemie". Mais depuis quelques années, Christophe va mieux. Il estime devoir sa guérison à l’écriture d’un livre, à moitié autobiographique, intitulé Confession d'un hypocondriaque. Trois années de psychanalyse l’ont aussi aidé à surmonter cette maladie.

Sans aucune donnée officielle, les spécialistes estiment que 5 à 10% de la population française serait hypocondriaque, soit entre 3 et 6 millions et demi de personnes.

Cybercondriaque ou sériecondriaque?

Depuis plusieurs années, l’hypocondrie gagnerait même du terrain. Et Internet n’y serait pas étranger. "On parle même de cybercondriaque", confie Florian Ferreri, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Ce mot désigne "ces personnes qui surfent toute la journée sur les sites médicaux et qui s’imaginent être atteintes d’une maladie", précise le médecin.

"J’ai aussi l’impression qu’il y a des sériecondriaques. Ce sont des patients qui voient des séries médicales à la télévision avec des diagnostics difficiles. Ils ont donc la crainte de ne pas avoir un médecin assez compétent pour trouver véritablement le mal dont il souffre", indique Florian Ferreri. Pour les amateurs de Dr House, n'oubliez pas qu'il s'agit d'une fiction.