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Digestion, mauvaise haleine: ces questions qu'on n'ose pas poser aux médecins

BFM M.P
Mélanie Morin lundi 7 mai

Mélanie Morin lundi 7 mai - BFMTV

Dans son livre Docteur j'ai un ami qui..., la journaliste Mélanie Morin a sollicité des médecins chevronnés pour répondre aux questions les plus embarrassantes ou inavouables que certains n'osent pas poser en face d'un spécialiste.

Les Français ont globalement une bonne opinion de leurs médecins généralistes. Selon les résultats d'une enquête Odoxa publiée en février dernier, près de 90% des interrogés ont affirmé être satisfaits de leur médecin. Mais cette relation ne les empêche pas d'être parfois un peu gênés à l'idée de leur poser certaines questions. 

"Ce sont des symptômes gênants, dont on n'ose pas parler parce qu'ils monteraient une part de nous qui serait un peu désagréable", explique à BFMTV Aurélia Schneider, psychiatre spécialisée en théorie comportementale.

Ce phénomène peut être accentué par le fait de connaître personnellement son médecin traitant, comme le rappelle le docteur François Haab, urologue:

"Il y a des patients qui connaissent leur médecin traitant depuis très longtemps et ce sont parfois devenus des amis, et sont rentrés dans le cercle relationnel. Donc il y a certaines choses que le patient ne veut pas confier à son médecin."

Troubles de la digestion, postillon, mauvaise haleine... 

Face à ces tabous, la journaliste Mélanie Morin répond depuis cinq avec bienveillance, et avec l'aide de médecins spécialistes, à toutes les "questions embarrassantes" dans le Magazine de la santé sur France 5. Dans son livre sorti en mars Docteur, j'ai un ami qui..., elle compile une partie de ces questions-réponses. Et parmi les préoccupations qui lui ont été régulièrement envoyées par les téléspectateurs de son émission, les "troubles de la digestion" figurent en tête:

"J'ai trouvé que tout ce qui concerne la digestion au sens large fait beaucoup parler, en tout cas ça intéresse les gens. On aime bien parler de ce qu'on a mangé, de ce qu'il s'est passé aux toilettes ensuite, etc. Je trouve qu'il y a une vraie fascination là-dessus", souligne-t-elle sur BFMTV ce lundi. De la même façon, selon la journaliste, le postillon ou la mauvaise haleine sont des thèmes souvent évoqués. 

Des phobies qui "gâchent la vie"

Avec Internet, certaines interrogations peuvent être posées plus discrètement... via un moteur de recherche. Mais cette démarche ne doit pas prendre le pas sur une consultation, ajoute-t-elle: 

"Il faut se méfier un petit peu de ce que l'on trouve sur Internet. Il y a aussi un côté anxiogène, c'est-à-dire que quand on est seul face à son moteur de recherche et qu'on trouve certaines réponses, on peut se dire 'Oula mon Dieu j'ai une tumeur cérébrale', alors qu'on avait un simple mal de tête (...) et ça ne se substitue en aucun cas à une consultation. Moi, j'ai envie d'inciter les gens à pousser la porte du cabinet médical."

Ce livre a également permis à Mélanie Morin d'aborder des sujets "plus psychologiques", comme l'émétophobie (la peur de vomir), l'éreutophobie (la peur de rougir en public) ou encore la laxophobie, "peur de faire la grosse commission ailleurs que chez soi". "On en sourit, mais il y a des gens qui développent des complexes très forts et à qui ça gâche la vie. Donc, là, il ne faut pas hésiter à aller voir un psychologue ou un psychiatre", conseille l'auteure.