BFM

Deux enquêtes ouvertes, six lots concernés... Ce que l'on sait sur les rappels de lait infantile dans 18 pays

BFM Margaux de Frouville et Juliette Moreau Alvarez
placeholder video
Lactalis a rappelé plusieurs de ses laits en poudre pour enfants en raison de la "présence potentielle de céréulide" dans une huile végétale, fournie par le même fournisseur que Nestlé. Ce géant industriel avait lui aussi procédé à des rappels au début du mois.

Le géant laitier Lactalis a annoncé ce mercredi 21 janvier le vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France. En cause: la "présence potentielle de céréulide dans un ingrédient", pouvant provoquer des intoxications chez les nourrissons. Au total, 18 pays sont concernés par ce rappel.

• Six lots concernés par le rappel

Six lots ont été rappelés par Lactalis, tous vendus depuis le 29 janvier 2025. Sont concernés:

Les rappels concernent donc des produits vendus depuis près d'un an. Au départ, les premières analyses menées sur la poudre de lait ont donné des résultats conformes, selon Lactalis. Mais lorsqu’ils ont reconstitué le produit, c’est-à-dire ajouté de l’eau pour préparer un biberon, la céréulide était bien présente.

Ce nouveau rappel après Nestlé accentue la vague d'inquiétude chez les parents. "On a eu beaucoup de patients qui nous ont appelés, qui sont venus à la pharmacie pour regarder si les lots qu'ils ont chez eux sont impactés", confie une pharmacienne à BFMTV.

• D'autres rappels chez Nestlé liés au même fournisseur

Dans cette affaire, plusieurs géants industriels sont mis en cause. Début janvier, Nestlé avait procédé à un rappel de plusieurs laits infantiles de ses gammes Guigoz et Nidal pour le même motif que Lactalis. Selon les informations de BFMTV, les deux groupes s'approvisionnent en huile arachidonique chez le même fournisseur chinois, soit l'ingrédient qui contient potentiellement de la céréulide.

Pourquoi Lactalis rappelle-t-il des milliers de boîtes de lait infantile?
Pourquoi Lactalis rappelle-t-il des milliers de boîtes de lait infantile?
3:03

Rappel Conso, dans son motif de rappel pour les produits de la marque Picot, a indiqué que la présence potentielle de céréulide provenait en effet "d’un fournisseur international". L'huile en question est produite en Chine, distribuée par un grossiste européen et incorporée en Europe.

• Un risque de diarrhées et de vomissements

La présence potentielle de céréulide a été détectée dans un ingrédient, l'omega 6 ARA, qui prend la forme dune huile végétale. La céréulide est une toxine produite par une bactérie appelée Bacillus cereus qui peut entraîner des troubles digestifs, en l'occurrence des diarrhées et des vomissements.

Des symptômes qu'a tout de suite eus la fille de Pauline, après avoir bu du lait en poudre de chez Nestlé, de la marque Guigoz.

"Elle a eu des diarrhées intenses, on a dû changer 15 à 20 fois la couche", confie la mère de famille à BFMTV. "On a eu des vomissements forts aussi, et elle a dormi toute la journée. Dès qu'on a arrêté (de lui donner ce lait, NDLR) le lendemain, c'était radical. Les symptômes avaient disparu."

Après un passage aux urgences, la contamination de son enfant par le lait a été confirmée par les médecins.

Les parents qui ont remarqué ces symptômes chez leurs enfants après la consommation d'un produit faisant l'objet d'un rappel sont invités à consulter leur médecin traitant en mentionnant cette consommation. Enfin, les personnes qui auraient acheté les lots rappelés sont également appelés à ne plus les consommer, ne plus les utiliser et contacter le service consommateur de Lactalis au 0805.805.950 ou de Nestlé au 0800.100.409.

• Deux enquêtes épidémiologique et judiciaire en cours

Une enquête épidémiologique est en cours, autant sur les rappels du groupe Lactalis et que ceux concernant le géant Nestlé, étant donné que les premiers éléments semblent mettre en cause leur fournisseur commun.

Une enquête judiciaire a également été ouverte après le rappel Nestlé: le ministère de la Santé a indiqué ce mardi 20 janvier qu'un seul signalement avait été effectué, concernant un bébé décédé. Mais à ce stade, les autorités sanitaires et judiciaires précisent qu’il n’y pas de lien avéré entre la consommation du lait infantile et la mort du nourrisson.

"L'imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé dans le retrait rappel n'est donc pas établie à ce stade", a précisé le Centre de crises sanitaires du ministère de la Santé à BFMTV. "Il s’agit bien des analyses du lait consommé par le cas qui nous a été remonté. C’est la bactérie céréulide qui est suspectée et l’investigation est menée par la Direction générale de l’Alimentation."

L'établissement d'un lien entre la consommation de laits pour bébé contaminés et des symptômes reste difficile aujourd'hui en raison de l'absence de centre national de référence pour traquer la céréulide dans les selles de bébés, comme cela existe par exemple pour les bactéries salmonelles.