Covid-19: pourquoi le gouvernement n'a pas annoncé de mesures fortes contre l'épidémie

Faire confiance plutôt que contraindre. C'est la stratégie qu'a choisi le gouvernement malgré le regain de l'épidémie de Covid-19 et l'arrivée du variant Omicron. Contrairement à certains de ses voisins qui ont mis en place des mesures drastiques, la France a annoncé une série de mesures légères et de recommandations. Seuls grands changements: la fermeture des discothèques à partir de vendredi pour 4 semaines et un protocole sanitaire renforcé dans les écoles.
"Jusqu'aux fêtes de fin d'année, on lève le pied (...). On se protège et on protège ainsi notre capacité à pouvoir profiter de Noël", avait recommandé Jean Castex lundi après le Conseil de défense sanitaire tenu par le gouvernement.
Cette décision de responsabiliser les Français face à la 5e vague de Covid-19 est d'abord motivée par le fort taux de vaccination de la population française et son respect des consignes de distanciation sociale.
"La France est probablement très bien positionnée en matière de bouclier vaccinal", se félicite sur BFMTV Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'institut de santé globale de Genève.
L'épidémiologiste salue également le succès du respect des gestes barrières par une majorité de la population. "Les Français sont plutôt observants et n'ont pas cessé de porter le masque depuis l'été", souligne-t-il.
"On sait que quand on réduit les interactions sociales, quand on met en place les mesures barrières, on diminue la circulation du virus", souligne à ce sujet le docteur Boris Hansel, consultant santé pour BFMTV sur notre plateau.
L'accent mis sur la 3e dose
Les nouvelles mesures annoncées par l'exécutif lundi devraient par ailleurs donner des résultats positifs dans les prochaines semaines. Le choix de fermer les discothèques en particulier, étant des lieux clos et mal ventilés propices à la circulation du virus, un aspect clé pour lutter contre la pandémie.
"Il suffit de réduire un tout petit peu le taux de reproduction du virus, le R0, de 10% pour avoir déjà un impact assez important sur le pic des contaminations", explique Boris Hansel.
Même chose pour la généralisation du port du masque dans les établissements scolaires. "On sait que le port du masque a réduit la contamination chez les enfants", selon des données venues des Etats-Unis, d'après le consultant santé.
Le gouvernement a également préféré mettre l'accent sur l'avancement de la campagne en faveur de la 3ème dose dans le pays.
"C'est important de garder cette dynamique. On a maintenant beaucoup de données qui nous montrent que le vrai schéma vaccinal, c'est un schéma à trois doses et qu'à partir de cette 3e dose on est quand même beaucoup mieux protégés", approuve l'épidémiologiste Antoine Flahault.
Mais attention, aucune certitude si le "pari" fait par le gouvernement va fonctionner, met cependant en garde Antoine Flahault. "On voit un peu partout en Europe monter les hospitalisations, y compris dans les pays bien vaccinés", rappelle-t-il.











