CARTE – Les régions et organes les plus touchés par la pénurie de greffons

Greffe de rein au CHU de Toulouse - AFP
Tous les ans, environ 6000 greffes sont réalisées pour 8000 nouveaux demandeurs. Près de 600 patients sur liste d’attente perdent la vie faute d'avoir pu recevoir un greffon. La journée nationale de réflexion sur le don d'organe et la greffe ce vendredi 22 juin a pour objectif de rappeler l’importance du don d’organe.
Six patients pour une greffe de rein en Ile-de-France
Les greffons de reins sont les plus demandés. Cinq mille malades supplémentaires s’ajoutent chaque année sur les interminables listes d’attente. Au total, 17.700 candidats espéraient une greffe rénale en 2016, selon le recensement de l’Agence de biomédecine. Les dons de reins ne permettent hélas pas de satisfaire la demande. Cette même année, on comptait 4,9 patients pour un seul rein viable sur l’ensemble du territoire.
Le manque de reins varie d’une région à l’autre: en Ile-de-France, six malades attendent une greffe pour un seul greffon disponible. Seuls 14% des inscrits franciliens reçoivent un rein au bout d’un an et à peine un tiers la deuxième année. Dans l’Ouest de la France, la pénurie est moindre: 3,8 candidats pour un organe. En Bretagne, 43% des demandeurs obtiennent ainsi satisfaction dès la première année.
Pour d’autres organes comme le foie ou le cœur, la pénurie n’est "que" de deux candidats par greffon disponible. Les greffes pulmonaires sont les plus faciles à obtenir, avec un peu moins de 1,4 malade par poumon. Vous pouvez comparer les différences entre les régions et les organes dans la carte ci-dessous.
Les Parisiens attendent 4 années de plus que les Brestois
Entre Brest et Paris, le délai d’attente médian pour une greffe rénale varie de 17 à 66 mois, soit quatre ans de différence. En effet, lors d’un décès, l’établissement peut garder l’un des deux reins pour le donner à un patient inscrit localement, s’il remplit l’exigence d’un différentiel d’âge de moins de 20 ans avec le donneur. Avant février 2015, il devait obligatoirement être attribué à l’interrégion. Le deuxième rein est réparti selon les listes nationales.
Cette dérogation explique en grande partie les inégalités d’accès à la greffe entre hôpitaux. Les disparités locales sont moins flagrantes pour les autres organes, comme le montre la carte ci-dessous.
En 2016, sur les 2894 greffes rénales réalisées à partir de greffons issus de donneurs décédés en mort encéphalique, 1 340 greffons (46%) ont été attribués à l’échelon local, 17 à l’échelon régional (1% contre 27% en 2014), 878 greffons (30 % contre 2% en 2014) ont été attribués à l’échelon national et 626 greffons (22%) ont fait l’objet d’une attribution prioritaire, à l’échelon national dans 85% des cas.
Plus le temps d’ischémie (délai entre le don et la greffe) est court, meilleure est la qualité du greffon. C’est l’une des raisons avancées pour défendre la préférence locale. Le ministère de la Santé veut réduire la durée de l’ischémie froide à 15 heures cette année.











