Chantage à la sextape: après sa condamnation, le maire de Saint-Étienne démissionne

Après avoir été reconnu "entièrement coupable", lundi 1er décembre, de chantage, soustraction, détournement de fonds publics par un dépositaire de l'autorité publique et participation à une association de malfaiteurs, le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a remis sa démission mardi.
"Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon mandat municipal et de mon mandat métropolitain", a notamment écrit l'édile et président de Saint-Étienne Métropole, dans un courrier envoyé à la préfète de la Loire et publié sur Facebook.
Gaël Perdriau prochainement incarcéré
Cette démission intervient à la suite de la condamnation du maire, à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. Il a annoncé faire appel, mais va donc aller, malgré cela, en prison dans les semaines à venir.
Le tribunal a estimé qu'il était coupable d'avoir fait chanter Gilles Artigues, son premier adjoint, avec une vidéo prise à l'insu de ce dernier avec un travailleur du sexe, en 2015.
Gaël Perdriau a toujours affirmé qu'il était innocent des faits qui lui sont reprochés. Pour autant, il avait indiqué, en septembre dernier, qu'il démissionnerait si "la moindre culpabilité était retenue" contre lui.
Sa défense a notamment été mise à mal lors du procès. En effet, plusieurs de ses co-prévenus ont admis leur culpabilité et ont indiqué avoir tendu le piège à la demande du maire.
Du chantage à la sextape
Les faits se sont déroulés en 2014 quand Gilles Artigues et Samy Kéfi-Jérôme, alors adjoint à l'Éducation, se trouvaient à Paris. La victime s'était rendue dans la chambre d'hôtel de son confrère. Un autre homme, un travailleur du sexe recruté spécialement pour le piège, s'y trouvait et Samy Kéfi-Jérôme les avait laissés tous les deux. La suite des événements avait été filmée par une caméra, installée par l'adjoint à l'Éducation.
Cet enregistrement, compromettant pour Gilles Artigues, marié et opposé, en 2013, au mariage entre personnes de même sexe, avait ensuite été utilisé par le maire pour faire pression sur la victime et ses ambitions politiques locales.
Ce chantage avait pris fin en 2022 après une enquête de Médiapart révélant l'affaire.











