Villepin: "On virerait les communicants des ministères, on se porterait mieux"

Dominique de Villepin a connu l'ombre lorsqu'il était secrétaire général de l'Elysée et la lumière en tant que ministre des Affaires étrangères puis dans la fonction de Premier ministre. Huit ans plus tard, malgré une brève tentative de come-back lors de la présidentielle de 2012, l'homme du "non" à la guerre en Irak pose un oeil désabusé sur la politique française.
"Je vois des candidat à la primaire, à l'élection présidentielle, qui pensent que pour être entendu il faut afficher ses ambitions, regrette Dominique de Villepin sur BFMTV et RMC. Je crois que c'est l'inverse, on a besoin de citoyens engagés qui n'ont pas d'ambitions politiques que pour eux-mêmes". Et le proche de Jacques Chirac de fustiger les "postures" des uns et des autres et de dénoncer, sans répondre directement à la polémique suscitée par Nadine Morano, "le babillage politique devenu insupportable".
"Si ma parole est libre aujourd'hui, a-t-il expliqué mardi, c'est parce que je n'ai pas d'ambitions politiques."
"Un pouvoir digne renoncerait à tout artifice"
Selon lui la cause en est toute simple: un trop-plein de communication entoure le monde politique. "Un pouvoir digne renoncerait à tout artifice", plaide Dominique de Villepin qui n'a que peu goûté le film diffusé lundi par France 3 dans les coulisses de l'Elysée et où le conseiller com' de François Hollande, Gaspard Gantzer, est omniprésent. "On virerait du jour au lendemain l'ensemble des communicants de tous les ministères, on s'en porterait mieux. Il faut agir et se moquer des communicants".
"La réalité est à l'exercice du pouvoir, pas à la mise en scène du pouvoir. (...) Imaginez ce qu'il a fallu comme énergie au président de la République et à ses conseillers, comme si l'heure était à faire du cinéma. (...) Quand j'étais Premier ministre (entre 2005 et 2007), je n'avais pas de conseiller communication. Il faut se comporter en homme d'Etat avec honneur et dignité. Cela suppose une certaine éthique", argue-t-il
Et pour illustrer son propos, Dominique de Villepin juge que ce trop-plein d'"artifices" sert les intérêts du Front national. "Le FN domine le débat (en France) car grâce à ça, il peut donner l'impression d'avoir ôté le masque, prétendre tenir un discours de vérité, expose-t-il. C'est une parfaite illusion car il est encore plus dans le jeu de rôle que les autres, il surfe sur l'opinion publique et les peurs". Mais pour lui, ce sont "les Français qui détiennent, seuls, la solution".












