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Valls, le "premier flic de France" devient Premier ministre

BFM La rédaction
Manuel Valls.

Manuel Valls. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

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Manuel Valls, nommé Premier ministre lundi par François Hollande, doit notamment son ascension à sa réputation d'homme à poigne du Parti socialiste, ébauchée à la fin des années 1990 et peaufinée au ministère de l'Intérieur.

Chantre d'une gauche moderne et décomplexée, souvent en porte-à-faux dans son camp, Manuel Valls, 51 ans, succède à Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre.

Nommé en mai 2012 place Beauvau, il devient vite le ministre incontournable du gouvernement Ayrault. Valls égrène ce qui sera son credo: ni "angélisme" ni "course aux chiffres" prônée par Nicolas Sarkozy, qui a occupé deux fois la tête de ce ministère régalien où il a acquis sa popularité. Et surtout, martelé, "l'ordre républicain", la "République". Il évoque sa "fierté" de "servir la France", non sans rappeler ses origines espagnoles.

La sécurité, enjeu majeur

Maire d'Evry depuis 2001, le député de l'Essonne a toujours considéré la sécurité comme un enjeu majeur. Et ne s'est jamais remis de la défaite de Lionel Jospin, dont il avait été le communicant durant quatre ans, qu'il impute en partie à ce sujet "tabou pour la gauche".

Il est aussi un des rares élus de gauche à avoir soutenu l'interdiction par la loi du port de la burqa, à fustiger les "dégâts de l'égalitarisme" et de l'assistanat ou à prôner un allongement de la durée de cotisation pour les retraites.

Il s'attire aussi les foudres de ses rivaux en mettant en cause la semaine de 35 heures, réforme phare des années Jospin, ou en prônant une TVA anti-délocalisation, mesure analogue à celle que fera voter in extremis Nicolas Sarkozy.

A Beauvau, il lance les Zones de sécurité prioritaire (ZSP), promesse de campagne pour lutter contre la délinquance dans les quartiers sensibles.

Critiques dans son camp

Auprès de nombreux élus, son discours musclé passe plutôt bien. Valls rassure et sa cote de popularité ne se dément pas. La droite peine à le prendre en faute même sur les chiffres de la délinquance et l'explosion des cambriolages contre lesquels il a lancé en 2013 un plan n'ayant pas encore fait ses preuves.

Ses incartades sur les Roms, ses démêlés avec la ministre de la Justice sur la réforme pénale, ses photos posées -"volées", dit-il- dans la presse people avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin, lui valent des critiques dans son camp. Il n'en a cure et trace son sillon, quasiment sur le départ pour Matignon fin 2013 après, selon son entourage, un "signe du Château". Sans complexe.