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UDI: le patrimoine d'Yves Jégo dans le viseur de la justice

BFM Juliette Deborde
Yves Jégo, député-maire centriste soupçonné d'enrichissement personnel, est visé par une enquête du parquet de Paris.

Yves Jégo, député-maire centriste soupçonné d'enrichissement personnel, est visé par une enquête du parquet de Paris. - Thomas Samson - AFP

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Le député-maire  centriste est visé par une enquête sur ses déclarations de patrimoine, révèle Le Parisien à la veille de l'élection du président de l'UDI. Une élection à laquelle Yves Jégo est candidat.

C'est ce qu'on appelle un mauvais timing: Yves Jégo, député-maire centriste candidat à la présidence de l'UDI qui se tiendra mardi, fait l'objet d'une enquête préliminaire sur ses déclarations de patrimoine, rapporte Le Parisien lundi. L'enquête, ouverte par le parquet de Paris en septembre 2013, serait toujours en cours.

Selon le quotidien, le député-maire de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne, se serait enrichi de plusieurs centaines de milliers d'euros sans explication. C'est une plus-value réalisée grâce à la vente de parts d'une société d'édition, qui a attiré l'attention de la Commission pour la transparence financière (ex-Haute autorité de la transparence de la vie publique), chargée ensuite de transmettre le dossier au ministère public.

Un gain de 300.000 euros

Selon sa déclaration de patrimoine portant sur la période 2003-2009, Yves Jégo a vu son investissement dans la société d'édition Timée, dont il est le cofondateur, être multiplié par 100. Alors qu'il n'avait investi que 3.000 euros au moment de la création de la société en 2000, la vente de ses parts sept ans plus tard lui aurait rapporté pas moins de 300.000 euros. Chaque part ayant bondi de 15 à 1.400 euros, alors même que la société, placée en redressement judiciaire en 2011, n'a jamais vu son chiffre d'affaire s'envoler. Peu de temps avant de les vendre, Yves Jégo jugeait même nulle la valeur de ses parts.

Le député-maire, contacté par le Parisien, estime avoir été lésé: "la société ayant fait faillite, l'argent dû ne m'a pas été versé", affirme-t-il. Dans une publication sur sa page Facebook en réaction à l'article du Parisien, Yves Jégo confirme que "la transaction n'a jamais été soldée compte-tenu des difficultés que l'entreprise a alors connues." 

Un patrimoine qui n'a "rien à voir avec la vie publique"

En plus de cette plus-value mystérieuse, les enquêteurs devraient se pencher sur l'appartement parisien du couple Jégo, acheté sans apport personnel il y a environ six ans, pour 1,2 million d'euros. "Comment le couple a-t-il fait, au vu de ses revenus, pour assumer des remboursements de 7.000 à 8.000 euros par mois (ce qui portait son endettement à 50 % de ses revenus)?", interroge le Parisien. Yves Jégo, de son côté, indique avoir revendu cet appartement en 2010, car "le taux d'endettement était trop lourd".

Le député-maire centriste a dénoncé sur son compte Facebook "une polémique qui fait étrangement l'objet d'une mise en scène médiatique, comme par hasard à l'heure du choix pour les militants de l'UDI". Le candidat à la succession de Jean-Louis Borloo estime que le patrimoine personnel n'a "strictement rien à voir avec la vie publique", et assure ne pas avoir été contacté par la justice pour l'instant.