Sécurité: Dati tance "l'amateurisme" du gouvernement et épingle Darmanin sur ses tweets

Rachida Dati, maire LR du VIIe arrondissement de Paris, le 3 juin 2020 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP
Elle fustige la remise en cause des "repères d'autorité", l'inefficacité de la lutte contre les violences et le risque d'une "surveillance généralisée". Dans un entretien accordé au Parisien et publié ce dimanche, la maire Les Républicains du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, juge que "ce gouvernement, c'est l'amateurisme juridique et politique".
Interrogée sur l'expression de "violences policières" employée par Emmanuel Macron lors de son interview au média Brut, Rachida Dati estime que "le président de la République ne doit pas dire cela". Ce propos "affaiblit l'autorité de la police" selon elle.
"Il oublie aussi que les forces de sécurité sont épuisées et sont devenues le dernier rempart dans un pays où tous les repères d'autorité sont remis en cause", dénonce l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.
Les "tweets" de Gérald Darmanin
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi pour la troisième semaine consécutive en France pour dénoncer la controversée proposition de loi sur la sécurité globale, à leurs yeux "liberticide". Ils dénoncent également le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme, qui doit être débattu au Parlement à partir de janvier-février. Il n'y a pas eu cette fois d'incidents majeurs.
Selon Rachida Dati, "s'agissant des black blocs, les policiers et les préfets les connaissent. Il faudrait pouvoir les arrêter préventivement".
Or, pointe-t-elle comme exemple de "l'amateurisme" du gouvernement, "il y a des mesures préventives qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel, non pas sur le fond mais parce que leurs imprécisions ouvraient un champ trop large".
"La politique de Gérald Darmanin se résume à faire des tweets en disant que les casseurs sont des 'méchants'!", lance-t-elle.
"Politique de peuplement"
Au sujet des trois décrets récents élargissant le fichage pour "atteinte à la sûreté de l'État", critiqués à gauche et par les défenseurs des libertés publiques, l'ex-ministre de la Justice estime également que "le champ est très large, ce qui peut conduire à une surveillance généralisée".
"C'est plus facile de limiter un peu les libertés de tout le monde que de limiter fermement les libertés de ceux qui nous menacent", relève-t-elle.
Concernant le projet de loi contre le séparatisme, présenté mercredi en Conseil des ministres, ce texte "n'aura d'efficacité que si on arrive à casser les logiques communautaires", fait valoir l'ancienne candidate à la mairie de Paris.
Rachida Dati préconise "une politique de peuplement qui limite les effets d'accumulation de problèmes sociaux, ethniques et migratoires au même endroit". Pour cela, "il faut revoir les critères d'attribution des logements sociaux et la politique migratoire".












