Régionales: l'Alsace, région où la droite peut encore y croire
par Gilbert Reilhac
STRASBOURG (Reuters) - La droite alsacienne, qui comptabilisait moins de 2.000 voix d'avance dimanche, au soir du premier tour des régionales, sur le Parti socialiste et Europe Ecologie dont les listes ont fusionné lundi, espère conserver la région en misant sur une mobilisation des abstentionnistes.
L'Alsace avait offert à Nicolas Sarkozy son meilleur score au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007 (65,5%) et a encore permis dimanche à sa majorité d'afficher son meilleur résultat au sein des régions françaises, soit 34,94% pour la liste de Philippe Richert, sénateur UMP du Bas-Rhin.
La région a en outre enregistré un record d'abstention. Seuls 43,36% des électeurs sont allés voter.
"Les abstentionnistes constituent, de loin, la part la plus importante de nos réserves", a reconnu lors d'une conférence de presse Philippe Richert, qui attribue cette défection aux conséquences de la crise dans une région qui reste très dépendante de l'industrie.
De son propre aveu, les maigres réserves de voix que constituent les petites listes, dont celle du MoDem conduite par l'ex-Vert Yann Wehrling, ne devraient pas suffire à départager les candidats du second tour.
Si l'ancien président du conseil général du Bas-Rhin se flatte d'un résultat supérieur de près d'un point à celui qu'Adrien Zeller, défunt président UMP du Conseil régional, avait obtenu au premier tour en 2004, sa victoire n'est pas pour autant assurée.
La gauche et les écologistes ont encore plus progressé et la liste du Front national de Patrick Binder, quoiqu'en net recul avec 13,49% des voix, a prévu de se maintenir.
En 2004, la liste PS-Verts avait obtenu 20,12% des voix et le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter 7,4%. Les listes PS et Europe-écologie totalisent cette fois 34,57% des suffrages.
ACCORD DE PARTENARIAT
Antoine Waechter, qui n'avait pas donné de consigne de vote il y a six ans, après avoir recherché des alliances à droite et à gauche, a rejoint cette fois, dès le premier tour, la liste d'Europe Ecologie.
"Ce n'est pas une fusion d'absorption mais un accord de partenariat", a insisté lors d'une conférence de presse le président de la Communauté urbaine de Strasbourg, Jacques Bigot, qui conduisait la liste du PS arrivée en tête.
Il mènera la liste de rassemblement strictement constituée selon les règles de la proportionnelle sans même attendre un accord national entre les états majors parisiens.
"En Alsace, on ne pouvait pas se permettre d'attendre. L'alternance est possible, c'est historique", a insisté Jacques Fernique, ex-tête de liste Europe Ecologie.
"Il s'agit de gérer ensemble sans que personne ne renie ni son identité, ni son âme", a ajouté Antoine Waechter, qui avait quitté les Verts en 1994 pour défendre un positionnement "ni droite, ni gauche" de l'écologie politique.
"Il ne s'agit pas du rassemblement de la gauche, il s'agit du rassemblement des écologistes et des socialistes", a ajouté celui qui se retrouve en troisième position sur la liste du Haut-Rhin.
Jacques Bigot s'efforce lui-même de gommer son étiquette socialiste pour revendiquer "une stratégie de rassemblement" conforme, selon lui, aux valeurs du centrisme alsacien.
Philippe Richert, ex-centriste, se revendique lui-même meilleur défenseur des valeurs régionales sans nier la portée symbolique que revêt désormais son combat en Alsace.
"Nous voulons gagner pour nous, pour l'Alsace et pour les Alsaciens et si je dois servir au plan national de référence, ce sera avec beaucoup de plaisir", dit-il.
François Fillon sera jeudi soir à Strasbourg pour le soutenir.
Édité par Gilles Trequesser












