"Avançons!": une députée Renaissance demande à la Nupes de retirer ses amendements sur les retraites

Nouvel échange tendu à l'Assemblée nationale. Le député communiste Sébastien Jumel a reproché à la majorité présidentielle de faire de l'"obstruction parlementaire", des paroles qui ne passent pas auprès de Renaissance en plein débat sur la réforme de retraites.
Sébastien Jumel a dénoncé ce vendredi dans l'hémicycle une "faute politique majeure" de la majorité, qui a quitté les bancs de l'Assemblée jeudi avant le vote d'une proposition de loi socialiste contre le "démantèlement" d'EDF.
"Ils veulent nous reprocher de bloquer les discussions et lorsqu'on accélère, ils multiplient les actes d'obstruction parlementaire, en multipliant les scrutins publics, en intervenant à tort et à travers pour continuer à raconter des histoires sur la manière dont l'opposition défend son opinion", a-t-il ajouté.
Une accusation également portée par d'autres députés de la Nupes, comme l'élu PS Guillaume Garot, dénonçant jeudi sur Twitter "suspension après suspension de séance, rappel après rappel au règlement".
"Vous exagérez"
La députée Renaissance Fadila Khattabi a tenu à montrer vendredi son désaccord avec ces déclarations: "dire que c'est de la majorité qui fait de l'obstruction, vous exagérez. Ce n'est pas des couleuvres que vous voulez faire avaler aux Français, c'est des anacondas!"
"Voilà maintenant quatre jours que nous sommes là, quatre jours !", s'est exclamée la présidente de la commission des affaires sociales. "Même en commission, trois jours et on a fait l'article 2", "deux articles", a-t-elle martelé.
Environ 20.000 amendements, dont près de 13.000 de LFI, ont été déposés avant l'examen du projet de loi concernant la réforme des retraites dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce qui ralentit la procédure.
"On veut parler de la pénibilité, de la situation des femmes, de l'emploi des seniors. Franchement, les Français ne sont pas dupes de votre perfidie, de vos outrances. Vous exagérez, avançons, avançons, retirez vos amendements mais ne dites pas que c'est la majorité qui bloque, tout de même!", a-t-elle insisté.
Le RN également contre l'"obstruction"
Un point de vue largement partagé par le camp présidentiel, mais aussi par le Rassemblement national.
"Nous avons fait le choix de ne faire aucune obstruction. En temps normal, je trouve cette technique parlementaire assez mesquine, lorsqu'on est en temps contraint, elle devient absurde", a affirmé ce lundi Marine Le Pen lors d'une conférence de presse.
Le temps est en effet réduit pour l'examen de cette réforme des retraites, dont le texte ne restera à l'Assemblée nationale que jusqu'au 17 février, avant de passer au Sénat.
Se disant "persuadée qu'il existe à l'heure actuelle une abesence de majorité sur ce texte", la présidente du groupe RN à l'Assemblée a déclaré espérer que la Nupes "retire ses milliers d'amendements".
"Nous maintenons nos amendements, nous allons faire une stratégie de résistance parlementaire mouvante", a déclaré mardi devant la presse la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot.
"Je ne suis pas d'accord pour qu'on examine tout à la va-vite sur la question des pénibilités et des financements alternatifs pour faire plaisir à ce gouvernement". Car "c'est d'abord la responsabilité du gouvernement de vouloir passer en force".











