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Mobilisation du gouvernement : quand Gérard vient effacer Jean-Marc dès 20h

BFM Jean-François Achilli
Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

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François Hollande sonne la mobilisation générale et fait la leçon à son gouvernement.

La solidarité ? « C'est un état d'esprit ». Le gouvernement ? « Ce n'est pas une addition d'individualités, c'est un ensemble qui a son identité, son image, sa personnalité, et aussi… son chef ». Quant aux ministres ? Ils doivent agir « en équipe ». Voilà pour la mise au point hier du président de la République qui a présenté ses vœux au gouvernement, la mine grave, confortant au passage Jean-Marc Ayrault dans son rôle de Premier ministre. Avis à tous les ambitieux qui se voient déjà à Matignon. Ça ne rigolait pas dans la salle des fêtes de l'Elysée, quand François Hollande a rappelé les priorités de 2013 : la lutte contre le chômage, la compétitivité, ce qui n’a échappé à personne. Le chef de l'Etat, échaudé par une trop longue série de couacs, a rappelé à l’ordre les membres du gouvernement, invités à faire preuve de « rapidité, anticipation, imagination ». C’est à croire qu’ils en manquaient furieusement…

Et Jean-Marc Ayrault, comme à la rentrée de septembre, a été placé en première ligne pour sonner cette mobilisation. Sous la forme tout d’abord d’une tribune publiée dans le Journal Le Monde…

Le Premier ministre, qui y défend un « nouveau modèle français », dresse pour la énième fois le constat de la crise, et invite le pays à prendre plus de risques, à se montrer innovant sur le plan économique et social. Deuxième étage de la fusée, la réunion de tous les ministres ce matin à Matignon, qui sera précédée d’un séminaire restreint à l’Elysée consacré aux questions économiques et à l’emploi. Le chef de l’Etat reprendra ses visites de terrain demain à la rencontre des salariés de la raffinerie Pétroplus de Petit Couronne. La machine à produire des images va tourner à plein régime.

Cette mise en scène, étalée sur deux jours, c’est juste de la com ?

Disons, de l’affichage. De l’occupation médiatique, qui n’est pas sans rappeler la méthode d’étouffement pratiquée jadis par Nicolas Sarkozy. Faut-il y voir l’effet Claude Sérillon ? « C’est un moment important d’appropriation collective », analyse un conseiller de l’ombre, à propos de la réunion des ministres. Le besoin se faisait sentir que l’action soit résumable plus facilement, ajoute Matignon. C’est un peu comme si, en ce début d’année, l’exécutif avait remis les compteurs à zéro. Nous sommes au jour 1 de l’an 1 du quinquennat, il ne s’est rien passé avant, il faut tourner la page Florange, oublier la taxe à 75% passée à la trappe… Changement d’année, un coup d’ardoise magique, on efface tout, on recommence.

Oui, mais pas de chance pour ce coup d’accélérateur médiatique, c’était sans compter sur Gérard Depardieu !

Son passeport russe, son coup de fil à François Hollande, sa lettre à Poutine sont venus effacer de la une des 20h l’appel à la mobilisation du gouvernement. En lieu et place du « nouveau modèle français » de Jean-Marc Ayrault, il y avait en gros plan cette citation de Gégé Depardieu : « La Russie n’est pas un pays où le Premier ministre traite un citoyen de minable ». Ainsi va l’actualité, implacable, où un sujet… chasse un autre. François Hollande, qui a décidé d’accélérer, va devoir aller encore plus vite.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce vendredi 4 janvier