Marlène Schiappa sur les Hijabeuses: "Je suis contre le prosélytisme dans les compétitions sportives"

Mettre fin à la polémique qui agite le gouvernement. Alors que l'exécutif se divise sur l'opportunité d'interdire le voile dans les compétitions sportives sur fond de mobilisation du collectif des "Hijabeuses", Marlène Schiappa tente de calmer le jeu.
Rappel des faits: "Sur les terrains de foot aujourd'hui, il n'est pas interdit de porter le voile. Je veux qu'on respecte la loi", a expliqué Elisabeth Moreno, la ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, sur LCI le 10 février, alors que la Fédération française de football (FFF) interdit le port de signes religieux en compétition. Elle a été contrainte de rétropédaler auprès de l'AFP quelques heures plus tard, soulignant ne pas croire "que le port du voile favorise l’émancipation des femmes".
"Des propos maladroits"
"Elle a rectifié ses propos. Elle a eu des propos maladroits comme ça peut arriver à chacun d'entre nous sur un plateau de télévision. Le jour même elle a rectifié en disant que sa position était aussi celle du gouvernement et qu'elle ne soutenait pas l'action en justice des Hijabeuses", a précisé Marlène Schiappa sur BFMTV-RMC.
Ce sont les fédérations sportives qui ont le pouvoir de décider d'accorder aux joueuses la pratique de leur sport avec le voile. Mais la question s'est invitée dans le débat politique depuis que le Sénat a fait voter un amendement interdisant son port lors des compétitions sportives. Le gouvernement, par l'intermédiaire de la ministre déléguée chargée des Sports a pris ses distances avec ce texte sénatorial.
"Nous soutenons la Fédération française de football"
"De toute façon, le plupart du temps, le voile ne se voit pas parce qu'il est caché par des casques. Parler du voile en natation alors qu'on a un bonnet ou du voile au ski alors qu'on a un casque, c'est un non-sujet", a ainsi expliqué Roxana Maracineanu sur RMC la semaine dernière.
"Je suis ministre chargée de la laïcité, donc en réalité, la position que je vous donne, c'est celle du gouvernement (...). Notre ennemi, c'est l'islamisme radical, ce n'est pas l'islam. (...) En revanche, nous luttons pied à pied contre l'islamisme radical. Nous soutenons la Fédération française de football, nous ne soutenons pas l'action en justice intentée par les Hijabeuses", a expliqué Marlène Schiappa.
"Le prosélytisme n'a pas sa place dans le sport et je rappelle que le hijab n'est pas un vêtement anodin", a encore estimé Marlène Schiappa, martelant qu'elle est "contre les signes religieux et le prosélytisme dans les compétitions sportives".
Les "Hijabeuses" ont décidé de saisir le Conseil d'État en novembre 2021, visant l'article 1 du règlement de la FFF qui interdit "tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale".












