Mali : Villepin fustige les "va-t-en-guerre"

Dominique de Villepin - -
Dans un texte intitulé "Non, la guerre ce n'est pas la France", où jamais il ne cite le nom du président François Hollande, Dominique de Villepin s'interroge, dimanche, sur le bien-fondé de l'intervention de la France au Mali.
L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac estime ainsi, dans une tribune publiée dans le JDD qu'"aucune des conditions de la réussite n'est réunie" au Mali, où la France intervient militairement depuis vendredi contre des groupes islamistes armés.
"L'unanimisme des va-t-en-guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la guerre contre le terrorisme m'inquiètent", écrit encore l'ancien ministre des Affaires étrangères.
"Aucune des conditions de la réussite n'est réunie"
"Au Mali, aucune des conditions de la réussite n'est réunie", fustige encore Dominique de Villepin. "Nous nous battrons à l'aveuglette, faute de but de guerre. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique, ndlr) sont autant de guerres différentes", ajoute-t-il.
"Nous nous battrons seuls faute de partenaire malien solide", développe-t-il, avant d'ajouter : "Eviction du président en mars et du premier ministre en décembre, effondrement d'une armée malienne divisée, défaillance générale de l'Etat, sur qui nous appuierons-nous ?"
Enfin, "nous nous battrons dans le vide, faute d'appui régional solide. La Communauté des Etats de l'Afrique Occidentale reste en arrière de la main et l'Algérie a marqué ses réticences", assure encore celui qui se targue de n'avoir "jamais cessé" depuis 2003 et l'Irak de "(s') engager pour la résolution politique des crises et contre le cercle vicieux de la force".
Villepin, l'homme du "non" en Irak
L'ancien ministre des Affaires étrangères est, en effet, celui qui avait porté en février 2003 à l'ONU le "non" de la France à la guerre en Irak, face à l'Américain Colin Powell.
Depuis vendredi les réactions dans la classe politique à l'intervention au Mali ont traduit, sauf à la gauche de la gauche, une approbation de la décision de François Hollande, qui s'est félicité samedi de ce "consensus politique".












